MO√ŹSE

ÔĽŅ
MO√ŹSE
SECTION PREMI√ąRE.
¬†¬†¬†¬†La philosophie, dont on a quelquefois pass√© les bornes, les recherches de l'antiquit√©, l'esprit de discussion et de critique, ont √©t√© pouss√©s si loin, qu'enfin plusieurs savants ont dout√© s'il y avait jamais eu un Mo√Įse, et si cet homme n'√©tait pas un √™tre fantastique, tel que l'ont √©t√© probablement Pers√©e, Bacchus, Atlas, Penth√©sil√©e, Vesta, Rh√©a Sylvia, Isis, Sammonocodom, Fo, Mercure Trism√©giste, Odin, Merlin, Francus, Robert le Diable, et tant d'autres h√©ros de romans dont on a √©crit la vie et les prouesses.
    Il n'est pas vraisemblable, disent les incrédules, qu'il ait existé un homme dont toute la vie est un prodige continuel.
¬†¬†¬†¬†Il n'est pas vraisemblable qu'il e√Ľt fait tant de miracles √©pouvantables en √Čgypte, en Arabie et en Syrie, sans qu'ils eussent retenti dans toute la terre.
¬†¬†¬†¬†Il n'est pas vraisemblable qu'aucun √©crivain √©gyptien ou grec n'e√Ľt transmis ces miracles √† la post√©rit√©. Il n'en est cependant fait mention que par les seuls Juifs; et dans quelque temps que cette histoire ait √©t√© √©crite par eux, elle n'a √©t√© connue d'aucune nation que vers le second si√®cle. Le premier auteur qui cite express√©ment les livres de Mo√Įse est Longin, ministre de la reine Z√©nobie, du temps de l'empereur Aur√©lien.
¬†¬†¬†¬†Il est √† remarquer que l'auteur du Mercure Trism√©giste, qui certainement √©tait √Čgyptien, ne dit pas un seul mot de ce Mo√Įse.
    Si un seul auteur ancien avait rapporté un seul de ces miracles, Eusèbe aurait sans doute triomphé de ce témoignage, soit dans son Histoire, soit dans sa Préparation évangélique.
¬†¬†¬†¬†Il reconna√ģt, √† la v√©rit√©, des auteurs qui ont cit√© son nom, mais aucun qui ait cit√© ses prodiges. Avant lui les Juifs Jos√®phe et Philon, qui ont tant c√©l√©br√© leur nation, ont recherch√© tous les √©crivains chez lesquels le nom de Mo√Įse se trouvait; mais il n'y en a pas un seul qui fasse la moindre mention des actions merveilleuses qu'on lui attribue.
    Dans ce silence général du monde entier, voici comme les incrédules raisonnent avec une témérité qui se réfute d'elle-même.
¬†¬†¬†¬†Les Juifs sont les seuls qui aient eu le Pentateuque qu'ils attribuent √† Mo√Įse. Il est dit dans leurs livres m√™mes que ce Pentateuque ne fut connu que sous leur roi Josias, trente-six ans avant la premi√®re destruction de J√©rusalem et de la captivit√©; on n'en trouva qu'un seul exemplaire chez le pontife Helcias , qui le d√©terra au fond d'un coffre-fort en comptant de l'argent. Le pontife l'envoya au roi par son scribe Saphan.
    Cela pourrait, disent-ils, obscurcir l'authenticité du Pentateuque.
¬†¬†¬†¬†En effet, e√Ľt-il √©t√© possible que si le Pentateuque e√Ľt √©t√© connu de tous les Juifs, Salomon, le sage Salomon, inspir√© de Dieu m√™me, en lui b√Ętissant un temple par son ordre, e√Ľt orn√© ce temple de tant de figures, contre la loi expresse de Mo√Įse ?
¬†¬†¬†¬†Tous les proph√®tes juifs qui avaient proph√©tis√© au nom du Seigneur depuis Mo√Įse jusqu'√† ce roi Josias, ne se seraient-ils pas appuy√©s dans leurs pr√©dications de toutes les lois de Mo√Įse ? n'auraient-ils pas cit√© mille fois ses propres paroles ? ne les auraient-ils pas comment√©es ? Aucun d'eux cependant n'en cite deux lignes; aucun ne rappelle le texte de Mo√Įse; ils lui sont m√™me contraires en plusieurs endroits.
¬†¬†¬†¬†Selon ces incr√©dules, les livres attribu√©s √† Mo√Įse n'ont √©t√© √©crits que parmi les Babyloniens pendant la captivit√©, ou imm√©diatement apr√®s, par Esdras. On ne voit en effet que des terminaisons persanes et chald√©ennes dans les √©crits juifs: Babel, porte de dieu; Ph√©gor-beel ou Beel-ph√©gor, dieu du pr√©cipice; Zebuth-Beel ou Beel-zebuth, dieu des insectes; Bethel, maison de dieu; Daniel, jugement de dieu; Gabriel, homme de dieu; Jahel, afflig√© de dieu; Ja√Įel, la vie de dieu; Israel, voyant dieu; Oziel, force de dieu; Raphael, secours de dieu; Uriel, le feu de dieu.
    Ainsi tout est étranger chez la nation juive, étrangère elle-même en Palestine; circoncision, cérémonies, sacrifices, arche, chérubin, bouc Hazazel, baptême de justice, baptême simple, épreuves, divination, explication des songes, enchantement des serpents, rien ne venait de ce peuple; rien ne fut inventé par lui.
¬†¬†¬†¬†Le c√©l√®bre milord Bolingbroke ne croit point du tout que Mo√Įse ait exist√©: il croit voir dans le Pentateuque une foule de contradictions et de fautes de chronologie et de g√©ographie qui √©pouvantent; des noms de plusieurs villes qui n'√©taient pas encore b√Ęties; des pr√©ceptes donn√©s aux rois, dans un temps o√Ļ non seulement les Juifs n'avaient point de rois, mais o√Ļ il n'√©tait pas probable qu'ils en eussent jamais, puisqu'ils vivaient dans des d√©serts sous des tentes, √† la mani√®re des Arabes B√©douins.
¬†¬†¬†¬†Ce qui lui para√ģt surtout de la contradiction la plus palpable, c'est le don de quarante-huit villes avec leurs faubourgs fait aux l√©vites, dans un pays o√Ļ il n'y avait pas un seul village: c'est principalement sur ces quarante-huit villes qu'il relance Abbadie, et qu'il a m√™me la duret√© de le traiter avec l'horreur et le m√©pris d'un seigneur de la chambre haute et d'un ministre d'√Čtat pour un petit pr√™tre √©tranger qui veut faire le raisonneur.
¬†¬†¬†¬†Je prendrai la libert√© de repr√©senter au vicomte de Bolingbroke, et √† tous ceux qui pensent comme lui, que non seulement la nation juive a toujours cru √† l'existence de Mo√Įse et √† celle de ses livres, mais que J√©sus-Christ m√™me lui a rendu t√©moignage. Les quatre √©vang√©listes, les Actes des ap√ītres, la reconnaissent; saint Matthieu dit express√©ment que Mo√Įse et √Člie apparurent √† J√©sus-Christ sur la montagne, pendant la nuit de la transfiguration, et saint Luc en dit autant.
¬†¬†¬†¬†J√©sus-Christ d√©clare dans saint Matthieu qu'il n'est point venu pour abolir cette loi, mais pour l'accomplir. On renvoie souvent dans le Nouveau Testament √† la loi de Mo√Įse et aux proph√®tes; l'√Čglise enti√®re a toujours cru le Pentateuque √©crit par Mo√Įse; et de plus de cinq cents soci√©t√©s diff√©rentes qui se sont √©tablies depuis si longtemps dans le christianisme, aucune n'a jamais dout√© de l'existence de ce grand proph√®te: il faut donc soumettre notre raison, comme tant d'hommes ont soumis la leur.
¬†¬†¬†¬†Je sais fort bien que je ne gagnerai rien sur l'esprit du vicomte ni de ses semblables. Ils sont trop persuad√©s que les livres juifs ne furent √©crits que tr√®s tard, qu'ils ne furent √©crits que pendant la captivit√© des deux tribus qui restaient. Mais nous aurons la consolation d'avoir l'√Čglise pour nous.
¬†¬†¬†¬†Si vous voulez vous instruire et vous amuser de l'antiquit√©, lisez la vie de Mo√Įse √† l'article APOCRYPHES.
SECTION II.
¬†¬†¬†¬†En vain plusieurs savants ont cru que le Pentateuque ne peut avoir √©t√© √©crit par Mo√Įse. Ils disent que par l'√Čcriture m√™me il est av√©r√© que le premier exemplaire connu fut trouv√© du temps du roi Josias, et que cet unique exemplaire fut apport√© au roi par le secr√©taire Saphan. Or, entre Mo√Įse et cette aventure du secr√©taire Saphan, il y a mille cent soixante-sept ann√©es par le comput h√©bra√Įque. Car Dieu apparut √† Mo√Įse dans le buisson ardent l'an du monde 2213, et le secr√©taire Saphan publia le livre de la loi l'an du monde 3380. Ce livre trouv√© sous Josias fut inconnu jusqu'au retour de la captivit√© de Babylone; et il est dit que ce fut Esdras, inspir√© de Dieu, qui mit en lumi√®re toutes les saintes √Čcritures.
¬†¬†¬†¬†Mais que ce soit Esdras ou un autre qui ait r√©dig√© ce livre, cela est absolument indiff√©rent d√®s que le livre est inspir√©. Il n'est point dit dans le Pentateuque que Mo√Įse en soit l'auteur: il serait donc permis de l'attribuer √† un autre homme √† qui l'Esprit divin l'aura dict√©, si l'√Čglise n'avait pas d'ailleurs d√©cid√© que le livre est de Mo√Įse.
¬†¬†¬†¬†Quelques contradicteurs ajoutent qu'aucun proph√®te n'a cit√© les livres du Pentateuque, qu'il n'en est question ni dans les psaumes, ni dans les livres attribu√©s √† Salomon, ni dans J√©r√©mie, ni dans Isa√Įe, ni enfin dans aucun livre canonique des Juifs. Les mots qui r√©pondent √† ceux de Gen√®se, Exode, Nombres, L√©vitique, Deut√©ronome, ne se trouvent dans aucun autre √©crit reconnu par eux pour authentique.
    D'autres, plus hardis, ont fait les questions suivantes:
¬†¬†¬†¬†1¬į En quelle langue Mo√Įse aurait-il √©crit dans un d√©sert sauvage ? Ce ne pouvait √™tre qu'en √©gyptien; car par ce livre m√™me on voit que Mo√Įse et tout son peuple √©taient n√©s en √Čgypte. Il est probable qu'ils ne parlaient pas d'autre langue. Les √Čgyptiens ne se servaient pas encore du papyros; on gravait des hi√©roglyphes sur le marbre ou sur le bois. Il est m√™me dit que les tables des commandements furent grav√©es sur des pierres polies, ce qui demandait des efforts et un temps prodigieux.
¬†¬†¬†¬†2¬į Est-il vraisemblable que dans un d√©sert o√Ļ le peuple juif n'avait ni cordonnier ni tailleur, et o√Ļ le Dieu de l'univers √©tait oblig√© de faire un miracle continuel pour conserver les vieux habits et les vieux souliers des Juifs, il se soit trouv√© des hommes assez habiles pour graver les cinq livres du Pentateuque sur le marbre ou sur le bois ? On dira qu'on trouva bien des ouvriers qui firent un veau d'or en une nuit, et qui r√©duisirent ensuite l'or en poudre, op√©ration impossible √† la chimie ordinaire, non encore invent√©e; qui construisirent le tabernacle, qui l'orn√®rent de trente-quatre colonnes d'airain avec des chapiteaux d'argent; qui ourdirent et qui brod√®rent des voiles de lin, d'hyacinthe, de pourpre et d'√©carlate: mais cela m√™me fortifie l'opinion des contradicteurs. Ils r√©pondent qu'il n'est pas possible que dans un d√©sert o√Ļ l'on manquait de tout, on ait fait des ouvrages si recherch√©s; qu'il aurait fallu commencer par faire des souliers et des tuniques; que ceux qui manquent du n√©cessaire ne donnent point dans le luxe; et que c'est une contradiction √©vidente de dire qu'il y ait eu des fondeurs, des graveurs, des brodeurs, quand on n'avait ni habits ni pain.
¬†¬†¬†¬†3¬į Si Mo√Įse avait √©crit le premier chapitre de la Gen√®se, aurait-il √©t√© d√©fendu √† tous les jeunes gens de lire ce premier chapitre ? aurait-on port√© si peu de respect au l√©gislateur ? Si c'√©tait Mo√Įse qui e√Ľt dit que Dieu punit l'iniquit√© des p√®res jusqu'√† la quatri√®me g√©n√©ration, √Čz√©chiel aurait-il os√© dire le contraire ?
¬†¬†¬†¬†4¬į Si Mo√Įse avait √©crit le L√©vitique, aurait-il pu se contredire dans le Deut√©ronome ? Le L√©vitique d√©fend d'√©pouser la femme de son fr√®re, le Deut√©ronome l'ordonne.
¬†¬†¬†¬†5¬į Mo√Įse aurait-il parl√© dans son livre de villes qui n'existaient pas de son temps ? Aurait-il dit que des villes qui √©taient pour lui √† l'orient du Jourdain, √©taient √† l'occident ?
¬†¬†¬†¬†6¬į Aurait-il assign√© quarante-huit villes aux l√©vites dans un pays o√Ļ il n'y a jamais eu dix villes, et dans un d√©sert o√Ļ il a toujours err√© sans avoir une maison ?
¬†¬†¬†¬†7¬į Aurait-il prescrit des r√®gles pour les rois juifs, tandis que non seulement il n'y avait point de rois chez ce peuple, mais qu'ils √©taient en horreur, et qu'il n'√©tait pas probable qu'il y en e√Ľt jamais ? Quoi ! Mo√Įse aurait donn√© des pr√©ceptes pour la conduite des rois qui ne vinrent qu'environ cinq cents ann√©es apr√®s lui, et il n'aurait rien dit pour les juges et les pontifes qui lui succ√©d√®rent ? Cette r√©flexion ne conduit-elle pas √† croire que le Pentateuque a √©t√© compos√© du temps des rois, et que les c√©r√©monies institu√©es par Mo√Įse n'avaient √©t√© qu'une tradition ?
¬†¬†¬†¬†8¬į Se pourrait-il faire qu'il e√Ľt dit aux Juifs: Je vous ai fait sortir au nombre de six cent mille combattants de la terre d'√Čgypte, sous la protection de votre Dieu ? Les Juifs ne lui auraient-ils pas r√©pondu: Il faut que vous ayez √©t√© bien timide pour ne nous pas mener contre le Pharaon d'√Čgypte; il ne pouvait pas nous opposer une arm√©e de deux cent mille hommes. Jamais l'√Čgypte n'a eu tant de soldats sur pied; nous l'aurions vaincu sans peine, nous serions les ma√ģtres de son pays ? Quoi ! le dieu qui vous parle a √©gorg√©, pour nous faire plaisir, tous les premiers-n√©s d'√Čgypte, et s'il y a dans ce pays-l√† trois cent mille familles, cela fait trois cent mille hommes morts en une nuit pour nous venger; et vous n'avez pas second√© votre dieu ! et vous ne nous avez pas donn√© ce pays fertile que rien ne pouvait d√©fendre ! vous nous avez fait sortir de l'√Čgypte en larrons et en l√Ęches, pour nous faire p√©rir dans des d√©serts, entre les pr√©cipices et les montagnes ! Vous pouviez nous conduire au moins par le droit chemin dans cette terre de Canaan sur laquelle nous n'avons nul droit, que vous nous avez promise, et dans laquelle nous n'avons pu encore entrer.
¬†¬†¬†¬†Il √©tait naturel que de la terre de Gessen nous marchassions vers Tyr et Sidon le long de la M√©diterran√©e; mais vous nous faites passer l'isthme de Suez presque tout entier; vous nous faites rentrer en √Čgypte, remonter jusque par-del√† Memphis, et nous nous trouvons √† B√©el-Sephon, au bord de la mer Rouge, tournant le dos √† la terre de Canaan, ayant march√© quatre-vingts lieues dans cette √Čgypte que nous voulions √©viter, et enfin pr√®s de p√©rir entre la mer et l'arm√©e de Pharaon !
¬†¬†¬†¬†Si vous aviez voulu nous livrer √† nos ennemis, auriez-vous pris une autre route et d'autres mesures ? Dieu nous a sauv√©s par un miracle, dites-vous; la mer s'est ouverte pour nous laisser passer; mais apr√®s une telle faveur fallait-il nous faire mourir de faim et de fatigue dans les d√©serts horribles d'√Čtham, de Cad√®s-Barn√©, de Mara, d'√Člim, d'Horeb, et de Sina√Į ? Tous nos p√®res ont p√©ri dans ces solitudes affreuses, et vous venez dire au bout de quarante ans que Dieu a eu un soin particulier de nos p√®res !
¬†¬†¬†¬†Voil√† ce que ces Juifs murmurateurs, ces enfants injustes de Juifs vagabonds, morts dans les d√©serts, auraient pu dire √† Mo√Įse, s'il leur avait lu l'Exode et la Gen√®se. Et que n'auraient-ils pas d√Ľ dire et faire √† l'article du veau d'or ? Quoi ! vous osez nous conter que votre fr√®re fit un veau pour nos p√®res, quand vous √©tiez avec Dieu sur la montagne, vous qui tant√īt nous dites que vous avez parl√© avec Dieu face √† face, et tant√īt que vous n'avez pu le voir que par derri√®re ! Mais enfin vous √©tiez avec ce Dieu, et votre fr√®re jette en fonte un veau d'or en un seul jour, et nous le donne pour l'adorer; et au lieu de punir votre indigne fr√®re, vous le faites notre pontife, et vous ordonnez √† vos l√©vites d'√©gorger vingt-trois mille hommes de votre peuple ! Nos p√®res l'auraient-ils souffert ? se seraient-ils laiss√© assommer comme des victimes par des pr√™tres sanguinaires ? Vous nous dites que, non content de cette boucherie incroyable, vous avez fait encore massacrer vingt-quatre mille de vos pauvres suivants, parce que l'un d'eux avait couch√© avec une Madianite, tandis que vous-m√™me avez √©pous√© une Madianite; et vous ajoutez que vous √™tes le plus doux de tous les hommes ! Encore quelques actions de cette douceur, et il ne serait plus rest√© personne.
    Non, si vous aviez été capable d'une telle cruauté, si vous aviez pu l'exercer, vous seriez le plus barbare de tous les hommes, et tous les supplices ne suffiraient pas pour expier un si étrange crime.
¬†¬†¬†¬†Ce sont l√†, √† peu pr√®s, les objections que font les savants √† ceux qui pensent que Mo√Įse est l'auteur du Pentateuque. Mais on leur r√©pond que les voies de Dieu ne sont pas celles des hommes; que Dieu a √©prouv√©, conduit et abandonn√© son peuple par une sagesse qui nous est inconnue; que les Juifs eux-m√™mes depuis plus de deux mille ans ont cru que Mo√Įse est l'auteur de ces livres; que l'√Čglise, qui a succ√©d√© √† la synagogue, et qui est infaillible comme elle, a d√©cid√© ce point de controverse, et que les savants doivent se taire quand l'√Čglise parle.
SECTION III.
¬†¬†¬†¬†On ne peut douter qu'il n'y ait eu un Mo√Įse l√©gislateur du peuple juif. On examinera ici son histoire suivant les seules r√®gles de la critique: le divin n'est pas soumis √† l'examen. Il faut donc se borner au probable; les hommes ne peuvent juger qu'en hommes. Il est d'abord tr√®s naturel et tr√®s probable qu'une nation arabe ait habit√© sur les confins de l'√Čgypte, du c√īt√© de l'Arabie d√©serte, qu'elle ait √©t√© tributaire ou esclave des rois √©gyptiens, et qu'ensuite elle ait cherch√© √† s'√©tablir ailleurs; mais ce que la raison seule ne saurait admettre, c'est que cette nation, compos√©e de soixante et dix personnes tout au plus du temps de Joseph, se f√Ľt accrue en deux cent quinze ans, depuis Joseph jusqu'√† Mo√Įse, au nombre de six cent mille combattants, selon le livre de l'Exode; car six cent mille hommes en √©tat de porter les armes supposent une multitude d'environ deux millions, en comptant les vieillards, les femmes et les enfants. Il n'est certainement pas dans le cours de la nature qu'une colonie de soixante et dix personnes, tant m√Ęles que femelles, ait pu produire en deux si√®cles deux millions d'habitants. Les calculs faits sur cette progression par des hommes tr√®s peu vers√©s dans les choses de ce monde, sont d√©mentis par l'exp√©rience de toutes les nations et de tous les temps. On ne fait pas, comme on a dit , des enfants d'un trait de plume. Songe-t-on bien qu'√† ce compte une peuplade de dix mille personnes en deux cents ans produirait beaucoup plus d'habitants que le globe de la terre n'en peut nourrir ?
¬†¬†¬†¬†Il n'est pas plus probable que ces six cent mille combattants, favoris√©s par le ma√ģtre de la nature, qui faisait pour eux tant de prodiges, se fussent born√©s √† errer dans des d√©serts o√Ļ ils moururent, au lieu de chercher √† s'emparer de la fertile √Čgypte.
¬†¬†¬†¬†Ces premi√®res r√®gles d'une critique humaine et raisonnable √©tablies, il faut convenir qu'il est tr√®s vraisemblable que Mo√Įse ait conduit hors des confins de l'√Čgypte une petite peuplade. Il y avait chez les √Čgyptiens une ancienne tradition, rapport√©e par Plutarque dans son trait√© d'Isis et d'Osiris, que Typhon, p√®re de J√©rossala√Įm et de Juddecus, s'√©tait enfui d'√Čgypte sur un √Ęne. Il est clair par ce passage que les anc√™tres des Juifs habitants de J√©rusalem passaient pour avoir √©t√© des fugitifs de l'√Čgypte. Une tradition non moins ancienne et plus r√©pandue est que les Juifs avaient √©t√© chass√©s d'√Čgypte, soit comme une troupe de brigands indisciplinables, soit comme une peuplade infect√©e de la l√®pre. Cette double accusation tirait sa vraisemblance de la terre m√™me de Gessen qu'ils avaient habit√©e, terre voisine des Arabes vagabonds, et o√Ļ la maladie de la l√®pre, particuli√®re aux Arabes, devait √™tre commune. Il para√ģt par l'√Čcriture m√™me que ce peuple √©tait sorti d'√Čgypte malgr√© lui. Le dix-septi√®me chapitre du Deut√©ronome d√©fend aux rois de songer √† ramener les Juifs en √Čgypte.
¬†¬†¬†¬†La conformit√© de plusieurs coutumes √©gyptiennes et juives fortifie encore l'opinion que ce peuple √©tait une colonie √©gyptienne; et ce qui lui donne un nouveau degr√© de probabilit√©, c'est la f√™te de la p√Ęque, c'est-√†-dire de la fuite ou du passage, institu√©e en m√©moire de leur √©vasion. Cette f√™te seule ne serait pas une preuve; car il y a eu chez tous les peuples des solennit√©s √©tablies pour c√©l√©brer des √©v√©nements fabuleux et incroyables, telles √©taient la plupart des f√™tes des Grecs et des Romains: mais une fuite d'un pays dans un autre n'a rien que de tr√®s commun, et se concilie la cr√©ance. La preuve tir√©e de cette f√™te de la p√Ęque re√ßoit encore une force nouvelle par celle des tabernacles, en m√©moire du temps o√Ļ les Juifs habitaient les d√©serts au sortir de l'√Čgypte. Ces vraisemblances, r√©unies avec tant d'autres, prouvent qu'en effet une colonie sortie d'√Čgypte s'√©tablit enfin pour quelque temps dans la Palestine.
    Presque tout le reste est d'un genre si merveilleux que la sagacité humaine n'y a plus de prise. Tout ce qu'on peut faire, c'est de rechercher en quel temps l'histoire de cette fuite, c'est-à-dire le livre de l'Exode a pu être écrit, et de démêler les opinions qui régnaient alors, opinions dont la preuve est dans ce livre même comparé avec les anciens usages des nations.
¬†¬†¬†¬†A l'√©gard des livres attribu√©s √† Mo√Įse, les r√®gles les plus communes de la critique ne permettent pas de croire qu'il en soit l'auteur.
¬†¬†¬†¬†1¬į Il n'y a pas d'apparence qu'il e√Ľt appel√© les endroits dont il parle de noms qui ne leur furent impos√©s que longtemps apr√®s. Il est fait mention dans ce livre des villes de Ja√Įr, et tout le monde convient qu'elles ne furent ainsi nomm√©es que longtemps apr√®s la mort de Mo√Įse; il y est parl√© du pays de Dan, et la tribu de Dan n'avait pas encore donn√© son nom √† ce pays dont elle n'√©tait pas la ma√ģtresse.
¬†¬†¬†¬†2¬į Comment Mo√Įse aurait-il cit√© le livre des guerres du Seigneur, quand ces guerres et ce livre perdu lui sont post√©rieurs ?
¬†¬†¬†¬†3¬į Comment Mo√Įse aurait-il parl√© de la d√©faite pr√©tendue d'un g√©ant nomm√© Og, roi de Basan, vaincu dans le d√©sert la derni√®re ann√©e de son gouvernement ? et comment aurait-il ajout√© qu'on voit encore son lit de fer de neuf coud√©es dans Rabbath ? Cette ville de Rabbath √©tait la capitale des Ammonites; les H√©breux n'avaient point encore p√©n√©tr√© dans ce pays: n'est-il pas apparent qu'un tel passage est d'un √©crivain post√©rieur que son inadvertance trahit ? Il veut apporter en t√©moignage de la victoire remport√©e sur un g√©ant le lit qu'on disait √™tre encore √† Rabbath, et il oublie qu'il fait parler Mo√Įse.
¬†¬†¬†¬†4¬į Comment Mo√Įse aurait-il appel√© villes au-del√† du Jourdain les villes qui, √† son √©gard, √©taient en de√ß√† ? N'est-il pas palpable que le livre qu'on lui attribue fut √©crit longtemps apr√®s que les Isra√©lites eurent pass√© cette petite rivi√®re du Jourdain, qu'ils ne pass√®rent jamais sous sa conduite ?
¬†¬†¬†¬†5¬į Est-il bien vraisemblable que Mo√Įse ait dit √† son peuple que, dans la derni√®re ann√©e de son gouvernement, il a pris dans le petit canton d'Argob, pays st√©rile et affreux de l'Arabie p√©tr√©e, soixante grandes villes entour√©es de hautes murailles fortifi√©es, sans compter un nombre infini de villes ouvertes ? N'est-il pas de la plus grande probabilit√© que ces exag√©rations furent √©crites dans la suite par un homme qui voulait flatter une nation grossi√®re ?
¬†¬†¬†¬†6¬į Il est encore moins vraisemblable que Mo√Įse ait rapport√© les miracles dont cette histoire est remplie.
    On peut bien persuader à un peuple heureux et victorieux que Dieu a combattu pour lui; mais il n'est pas dans la nature humaine qu'un peuple croie avoir vu cent miracles en sa faveur, quand tous ces prodiges n'aboutissent qu'à le faire périr dans un désert. Examinons quelques miracles rapportés dans l'Exode.
¬†¬†¬†¬†7¬į Il para√ģt contradictoire et injurieux √† l'essence divine que Dieu s'√©tant form√© un peuple pour √™tre le seul d√©positaire de ses lois, et pour dominer sur toutes les nations, il envoie un homme de ce peuple demander au roi son oppresseur la permission d'aller sacrifier √† son Dieu dans le d√©sert, afin que ce peuple puisse s'enfuir sous le pr√©texte de ce sacrifice. Nos id√©es communes ne peuvent qu'attacher une id√©e de bassesse et de fourberie √† ce man√©ge, loin d'y reconna√ģtre la majest√© et la puissance de l'√™tre supr√™me.
¬†¬†¬†¬†Quand nous lisons imm√©diatement apr√®s que Mo√Įse change devant le roi sa baguette en serpent, et toutes les eaux du royaume en sang, qu'il fait na√ģtre des grenouilles qui couvrent la terre, qu'il change en poux toute la poussi√®re, qu'il remplit les airs d'insectes ail√©s venimeux, qu'il frappe tous les hommes et tous les animaux du pays d'affreux ulc√®res, qu'il appelle la gr√™le, les temp√™tes et le tonnerre pour ruiner toute la contr√©e, qu'il la couvre de sauterelles, qu'il la plonge dans des t√©n√®bres palpables pendant trois jours, qu'enfin un ange exterminateur frappe de mort tous les premiers-n√©s des hommes et des animaux d'√Čgypte, √† commencer par le fils du roi; quand nous voyons ensuite ce peuple marchant √† travers les flots de la mer Rouge suspendus en montagnes d'eau √† droite et √† gauche, et retombant ensuite sur l'arm√©e de Pharaon, qu'ils engloutissent; lors, dis-je, qu'on lit tous ces miracles, la premi√®re id√©e qui vient dans l'esprit, c'est de dire: Ce peuple pour qui Dieu a fait des choses si √©tonnantes va sans doute √™tre le ma√ģtre de l'univers. Mais non, le fruit de tant de merveilles est de souffrir la disette et la faim dans des sables arides; et, de prodige en prodige, tout meurt avant d'avoir vu le petit coin de terre o√Ļ leurs descendants s'√©tablissent ensuite pour quelques ann√©es. Il est pardonnable sans doute de ne pas croire cette foule de merveilles dont la moindre r√©volte la raison.
¬†¬†¬†¬†Cette raison abandonn√©e √† elle-m√™me ne peut se persuader que Mo√Įse ait √©crit des choses si √©tranges. Comment peut-on faire accroire √† une g√©n√©ration tant de miracles inutilement faits pour elle, et tous ceux qu'on dit op√©r√©s dans le d√©sert ? Quel personnage fait-on jouer √† la Divinit√©, de l'employer √† conserver les habits et les souliers de ce peuple pendant quarante ans, apr√®s avoir arm√© en leur faveur toute la nature !
¬†¬†¬†¬†Il est donc tr√®s naturel de penser que toute cette histoire prodigieuse fut √©crite longtemps apr√®s Mo√Įse, comme les romans de Charlemagne furent forg√©s trois si√®cles apr√®s lui, et comme les origines de toutes les nations ont √©t√© √©crites dans des temps o√Ļ ces origines perdues de vue laissaient √† l'imagination la libert√© d'inventer. Plus un peuple est grossier et malheureux, plus il cherche √† relever son ancienne histoire: et quel peuple a √©t√© plus longtemps mis√©rable et barbare que le peuple juif ?
¬†¬†¬†¬†Il n'est pas √† croire que lorsqu'ils n'avaient pas de quoi se faire des souliers dans leurs d√©serts, sous la domination de Mo√Įse, on f√Ľt chez eux fort curieux d'√©crire. On doit pr√©sumer que les malheureux n√©s dans ces d√©serts ne re√ßurent pas une √©ducation bien brillante, et que la nation ne commen√ßa √† lire et √† √©crire que lorsqu'elle eut quelque commerce avec les Ph√©niciens. C'est probablement dans les commencements de la monarchie que les Juifs qui se sentirent quelque g√©nie mirent par √©crit le Pentateuque, et ajust√®rent comme ils purent leurs traditions. Aurait-on fait recommander par Mo√Įse aux rois de lire et d'√©crire m√™me sa loi, dans le temps qu'il n'y avait pas encore de rois ? N'est-il pas probable que le dix-septi√®me chapitre du Deut√©ronome est fait pour mod√©rer le pouvoir de la royaut√©, et qu'il fut √©crit par les pr√™tres du temps de Sa√ľl ?
    C'est vraisemblablement à cette époque qu'il faut placer la rédaction du Pentateuque. Les fréquents esclavages que ce peuple avait subis ne semblent pas propres à établir la littérature dans une nation, et à rendre les livres fort communs; et plus ces livres furent rares dans les commencements, plus les auteurs s'enhardirent à les remplir de prodiges.
¬†¬†¬†¬†Le Pentateuque attribu√© √† Mo√Įse est tr√®s ancien, sans doute, s'il est r√©dig√© du temps de Sa√ľl et de Samuel; c'est environ vers le temps de la guerre de Troie, et c'est un des plus curieux monuments de la mani√®re de penser des hommes de ce temps-l√†. On voit que toutes les nations connues √©taient amoureuses des prodiges √† proportion de leur ignorance. Tout se faisait alors par le minist√®re c√©leste, en √Čgypte, en Phrygie, en Gr√®ce, en Asie.
    Les auteurs du Pentateuque donnent à entendre que chaque nation a ses dieux, et que ces dieux ont, à peu de chose près, un égal pouvoir.
¬†¬†¬†¬†Si Mo√Įse change au nom de son Dieu sa verge en serpent, les pr√™tres de Pharaon en font autant; s'il change toutes les eaux de l'√Čgypte en sang, jusqu'√† celle qui √©tait dans les vases, les pr√™tres font sur-le-champ le m√™me prodige sans qu'on puisse concevoir sur quelles eaux ces pr√™tres op√©raient cette m√©tamorphose, √† moins qu'ils n'eussent cr√©√© de nouvelles eaux expr√®s. L'√©crivain juif aime encore mieux √™tre r√©duit n√©cessairement √† cette absurdit√©, que de laisser douter que les dieux d'√Čgypte n'eussent pas le pouvoir de changer l'eau en sang aussi bien que le Dieu de Jacob.
¬†¬†¬†¬†Mais quand celui-ci vient √† remplir de poux toute la terre d'√Čgypte, √† changer en poux toute la poussi√®re, alors para√ģt sa sup√©riorit√© tout enti√®re; les mages ne peuvent l'imiter, et on fait parler ainsi le Dieu des Juifs: Pharaon saura que rien n'est semblable √† moi. Ces paroles qu'on met dans sa bouche marquent un √™tre qui se croit seulement plus puissant que ses rivaux: il a √©t√© √©gal√© dans la m√©tamorphose d'une verge en serpent, et dans celle des eaux en sang; mais il gagne la partie sur l'article des poux et sur les suivants.
¬†¬†¬†¬†Cette id√©e de la puissance surnaturelle des pr√™tres de tous les pays est marqu√©e dans plusieurs endroits de l'√Čcriture. Quand Balaam, pr√™tre du petit √Čtat d'un roitelet nomm√© Balac, au milieu des d√©serts, est pr√™t de maudire les Juifs, leur Dieu appara√ģt √† ce pr√™tre pour l'en emp√™cher. Il semble que la mal√©diction de Balaam f√Ľt tr√®s √† craindre. Ce n'est pas m√™me assez pour contenir ce pr√™tre que Dieu lui ait parl√©, il envoie devant lui un ange avec une √©p√©e, et lui fait encore parler par son √Ęnesse. Toutes ces pr√©cautions prouvent certainement l'opinion o√Ļ l'on √©tait que la mal√©diction d'un pr√™tre, quel qu'il f√Ľt, entra√ģnait des effets funestes.
¬†¬†¬†¬†Cette id√©e d'un Dieu sup√©rieur seulement aux autres dieux, quoiqu'il e√Ľt fait le ciel et la terre, √©tait tellement enracin√©e dans toutes les t√™tes, que Salomon, dans sa derni√®re pri√®re, s'√©crie: " O mon Dieu ! il n'y a aucun dieu semblable √† toi, sur la terre, ni dans le ciel. " C'est cette opinion qui rendait les Juifs si cr√©dules sur tous les sortil√®ges, sur tous les enchantements des autres nations. C'est ce qui donna lieu √† l'histoire de la pythonisse d'Endor, qui eut le pouvoir d'√©voquer l'ombre de Samuel. Chaque peuple eut ses prodiges et ses oracles, et il ne vint m√™me dans l'esprit d'aucune nation de douter des miracles et des proph√©ties des autres. On se contentait de leur opposer de pareilles armes; il semblait que les pr√™tres, en niant les prodiges des nations voisines, eussent craint de d√©cr√©diter les leurs. Cette esp√®ce de th√©ologie pr√©valut longtemps dans toute la terre.
¬†¬†¬†¬†Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans le d√©tail de tout ce qui est √©crit sur Mo√Įse. On parle de ses lois en plus d'un endroit de cet ouvrage. On se bornera ici √† remarquer combien on est √©tonn√© de voir un l√©gislateur inspir√© de Dieu, un proph√®te qui fait parler Dieu m√™me, et qui ne propose point aux hommes une vie √† venir. Il n'y a pas un seul mot dans le L√©vitique qui puisse faire soup√ßonner l'immortalit√© de l'√Ęme. On r√©pond √† cette accablante difficult√© que Dieu se proportionnait √† la grossi√®ret√© des Juifs. Quelle mis√©rable r√©ponse ! C'√©tait √† Dieu √† √©lever les Juifs jusqu'aux connaissances n√©cessaires, ce n'√©tait pas √† lui √† se rabaisser jusqu'√† eux. Si l'√Ęme est immortelle, s'il est des r√©compenses et des peines dans une autre vie, il est n√©cessaire que les hommes en soient instruits. Si Dieu parle, il faut qu'il les informe de ce dogme fondamental. Quel l√©gislateur et quel Dieu que celui qui ne propose √† son peuple que du vin, de l'huile et du lait ! quel Dieu qui encourage toujours ses croyants comme un chef de brigands encourage sa troupe par l'esp√©rance de la rapine ! Il est bien pardonnable, encore une fois , √† la raison humaine de ne voir dans une telle histoire que la grossi√®ret√© barbare des premiers temps d'un peuple sauvage. L'homme, quoi qu'il fasse, ne peut raisonner autrement; mais si Dieu en effet est l'auteur du Pentateuque, il faut se soumettre sans raisonner.

Dictionnaire philosophique de Voltaire. 2014.

Regardez d'autres dictionnaires:

  • mo√Įse ‚ÄĒ mo√Įse ‚Ķ   Dictionnaire des rimes

  • MO√ŹSE ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Mo√Įse (homonymie). Alexandre Robert (1817 1890) Mo√Įse recevant la robe ensanglant√©e de son fils Joseph. Eglise Saint Martin (Trazegni ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • MO√ŹSE ‚ÄĒ doit sa c√©l√©brit√© aux textes de l‚ÄôAncien Testament. Il y est pr√©sent√© comme le chef qui a conduit les Isra√©lites hors d‚Äô√Čgypte et leur a donn√© leur loi, la T Ô•õrah. Ce sont, en effet, les livres de la T Ô•õrah (Pentateuque) qui, de l‚ÄôExode au… ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • Moise ‚ÄĒ oder Mo√Įse ist der Vorname folgender Personen: Moyse Amyraut (Mo√Įse Amyraut; 1596‚Äď1664), reformierter Theologe aus Frankreich Charles Mo√Įse Briquet (1839‚Äď1918), Schweizer Papierh√§ndler und Papierforscher Adolphe Cr√©mieux (Isaac Mo√Įse Cr√©mieux;… ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Moise ‚ÄĒ or Mo√Įse can mean: Moise of Wallachia Mo√Įse Katumbi Chapwe, governor of the Katanga province in the DRC. People with the surname Moise: Cilibi Moise Edwin E. Moise, American mathematician Patty Moise, former NASCAR driver Teri Mo√Įse See also… ‚Ķ   Wikipedia

  • moise ‚ÄĒ Moise, f. pen. En fait de charpenterie est une piece de bois de demie espaisseur d une poultre, si que les deux moises joinctes ensemble rendent l espaisseur d une poultre, et est dite Moise quasi la moiti√© d une poultre quant √† l espaisseur… ‚Ķ   Thresor de la langue fran√ßoyse

  • mois√© ‚ÄĒ mois√©, √©e (moi z√©, z√©e) part. pass√© de moiser. Charpente mois√©e ‚Ķ   Dictionnaire de la Langue Fran√ßaise d'√Čmile Littr√©

  • Mo√Įse ‚ÄĒ Nom surtout port√© dans les d√©partements d Outre Mer, rencontr√© aussi dans la Sarthe. Renvoie bien s√Ľr au c√©l√®bre personnage biblique, lib√©rateur du peuple juif (h√©breu mosheh = sauv√© des eaux, du verbe mashah, mais cette √©tymologie populaire n… ‚Ķ   Noms de famille

  • Mo√Įse ‚ÄĒ Pour les articles homonymes, voir Mo√Įse (homonymie). Statue de Mo√Įse par Michel Ange ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • moise ‚ÄĒ (moi z ) s. f. 1¬į¬†¬†¬†Terme de charpente. Pi√®ces de bois plates assembl√©es deux √† deux par des boulons et servant √† maintenir la charpente. ¬†¬†¬†Moise de d√©charge, longue moise pos√©e obliquement et qui supporte un poin√ßon. 2¬į¬†¬†¬†Moise de t√™te ou brise ‚Ķ   Dictionnaire de la Langue Fran√ßaise d'√Čmile Littr√©


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.