INQUISITION

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INQUISITION
SECTION PREMI√ąRE.
    C'est une juridiction ecclésiastique érigée par le siége de Rome en Italie, en Espagne, en Portugal, aux Indes même, pour rechercher et extirper les infidèles, les Juifs, et les hérétiques.
    Afin de n'être point soupçonnés de chercher dans le mensonge de quoi rendre ce tribunal odieux, donnons ici le précis d'un ouvrage latin, sur l'origine et le progrès de l'office de la sainte inquisition, que Louis de Paramo, inquisiteur dans le royaume de Sicile, fit imprimer, l'an 1598, à l'imprimerie royale de Madrid.
    Sans remonter à l'origine de l'inquisition, que Paramo prétend découvrir dans la manière dont il est dit que Dieu procéda contre Adam et ève, bornons-nous à la loi nouvelle dont Jésus-Christ, selon lui, fut le premier inquisiteur. Il en exerça les fonctions dès le treizième jour de sa naissance, en faisant annoncer à la ville de Jérusalem, par les trois rois mages, qu'il était venu au monde, et depuis en faisant mourir Hérode rongé de vers, en chassant les vendeurs du temple, et enfin en livrant la Judée à des tyrans qui la pillèrent en punition de son infidélité.
¬†¬†¬†¬†Apr√®s J√©sus-Christ, saint Pierre, saint Paul et les autres ap√ītres ont exerc√© l'office d'inquisiteur, qu'ils ont transmis aux papes et aux √©v√™ques leurs successeurs. Saint Dominique √©tant venu en France avec l'√©v√™que d'Osma, dont il √©tait archidiacre, s'√©leva avec z√®le contre les Albigeois, et se fit aimer de Simon, comte de Montfort. Ayant √©t√© nomm√© par le pape inquisiteur en Languedoc, il y fonda son ordre, qui fut approuv√© en 1216 par Honorius III; sous les auspices de sainte Magdeleine, le comte de Montfort prit d'assaut la ville de B√©ziers, et en fit massacrer tous les habitants; √† Laval, on br√Ľla en une seule fois quatre cents Albigeois. Dans tous les historiens de l'inquisition que j'ai lus, dit Paramo, je n'ai jamais vu un acte de foi aussi c√©l√®bre, ni un spectacle aussi solennel. Au village de Cazeras on en br√Ľla soixante, et dans un autre endroit cent quatre-vingts.
¬†¬†¬†¬†L'inquisition fut adopt√©e par le comte de Toulouse en 1229, et confi√©e aux dominicains par le pape Gr√©goire IX en 1233; Innocent IV, en 1251, l'√©tablit dans toute l'Italie, except√© √† Naples. Au commencement, √† la v√©rit√©, les h√©r√©tiques n'√©taient point soumis dans le Milanais √† la peine de mort, dont ils sont cependant si dignes, parce que les papes n'√©taient pas assez respect√©s de l'empereur Fr√©d√©ric, qui poss√©dait cet √Čtat; mais, peu de temps apr√®s, on br√Ľla les h√©r√©tiques √† Milan, comme dans les autres endroits de l'Italie, et notre auteur observe que, l'an 1315, quelques milliers d'h√©r√©tiques s'√©tant r√©pandus dans le Cr√©masque, petit pays enclav√© dans le Milanais, les fr√®res dominicains en firent br√Ľler la plus grande partie, et arr√™t√®rent par le feu les ravages de cette peste.
¬†¬†¬†¬†Comme le premier canon du concile de Toulouse, d√®s l'an 1229, avait ordonn√© aux √©v√™ques de choisir en chaque paroisse un pr√™tre et deux ou trois la√Įques de bonne r√©putation, lesquels faisaient serment de rechercher exactement et fr√©quemment les h√©r√©tiques dans les maisons, les caves et tous les lieux o√Ļ ils se pourraient cacher, et d'en avertir promptement l'√©v√™que, le seigneur du lieu ou son bailli, apr√®s avoir pris leurs pr√©cautions afin que les h√©r√©tiques d√©couverts ne pussent s'enfuir, les inquisiteurs agissaient dans ce temps-l√† de concert avec les √©v√™ques. Les prisons de l'√©v√™que et de l'inquisition √©taient souvent les m√™mes; et quoique, dans le cours de la proc√©dure, l'inquisiteur p√Ľt agir en son nom, il ne pouvait, sans l'intervention de l'√©v√™que, faire appliquer √† la question, prononcer la sentence d√©finitive, ni condamner √† la prison perp√©tuelle, etc. Les disputes fr√©quentes entre les √©v√™ques et les inquisiteurs sur les limites de leur autorit√©, sur les d√©pouilles des condamn√©s, etc., oblig√®rent, en 1473, le pape Sixte IV √† rendre les inquisitions ind√©pendantes et s√©par√©es des tribunaux des √©v√™ques. Il cr√©a pour l'Espagne un inquisiteur g√©n√©ral, muni du pouvoir de nommer des inquisiteurs particuliers; et Ferdinand V , en 1478, fonda et dota les inquisitions.
    A la sollicitation du frère Turrecremata, grand-inquisiteur en Espagne, le même Ferdinand V, surnommé le Catholique, bannit de son royaume tous les Juifs, en leur accordant trois mois, à compter de la publication de son édit, après lequel temps il leur était défendu, sous peine de la vie, de se retrouver sur les terres de la domination espagnole. Il leur était permis de sortir du royaume avec les effets et marchandises qu'ils avaient achetés, mais défendu d'emporter aucune espèce d'or ou d'argent.
    Le frère Turrecremata appuya cet édit, dans le diocèse de Tolède, par une défense à tous chrétiens, sous peine d'excommunication, de donner quoi que ce soit aux Juifs, même des choses les plus nécessaires à la vie.
    D'après ces lois, il sortit de la Catalogne, du royaume d'Aragon, de celui de Valence, et des autres pays soumis à la domination de Ferdinand, environ un million de Juifs, dont la plupart périrent misérablement; de sorte qu'ils comparent les maux qu'ils souffrirent en ce temps-là, à leurs calamités sous Tite et sous Vespasien. Cette expulsion des Juifs causa à tous les rois catholiques une joie incroyable.
¬†¬†¬†¬†Quelques th√©ologiens ont bl√Ęm√© ces √©dits du roi d'Espagne; leurs raisons principales sont qu'on ne doit pas contraindre les infid√®les √† embrasser la foi de J√©sus-Christ, et que ces violences sont la honte de notre religion.
¬†¬†¬†¬†Mais ces arguments sont bien faibles, et je soutiens, dit Paramo, que l'√©dit est pieux, juste et louable, la violence par laquelle on exige des Juifs qu'ils se convertissent n'√©tant pas une violence absolue, mais conditionnelle, puisqu'ils pouvaient s'y soustraire en quittant leur patrie. D'ailleurs ils pouvaient g√Ęter les Juifs nouvellement convertis, et les chr√©tiens m√™me; or, selon ce que dit saint Paul , quelle communication peut-il y avoir entre la justice et l'iniquit√©, entre la lumi√®re et les t√©n√®bres, entre J√©sus-Christ et B√©lial ?
    Quant à la confiscation de leurs biens, rien de plus juste, parce qu'ils les avaient acquis par des usures envers les chrétiens, qui ne faisaient que reprendre ce qui leur appartenait.
¬†¬†¬†¬†Enfin, par la mort de notre Seigneur, les Juifs sont devenus esclaves; or tout ce qu'un esclave poss√®de appartient √† son ma√ģtre: ceci soit dit en passant contre les injustes censeurs de la pi√©t√©, de la justice irr√©pr√©hensible et de la saintet√© du roi catholique.
¬†¬†¬†¬†A S√©ville, comme on cherchait √† faire un exemple de s√©v√©rit√© sur les Juifs, Dieu, qui sait tirer le bien du mal, permit qu'un jeune homme qui attendait une fille v√ģt par les fentes d'une cloison une assembl√©e de Juifs, et qu'il les d√©non√ß√Ęt. On se saisit d'un grand nombre de ces malheureux, et on les punit comme ils le m√©ritaient. En vertu de divers √©dits des rois d'Espagne et des inquisiteurs g√©n√©raux et particuliers √©tablis dans ce royaume, il y eut aussi en fort peu de temps environ deux mille h√©r√©tiques br√Ľl√©s √† S√©ville, et plus de quatre mille, de l'an 1482 jusqu'√† 1520. Une infinit√© d'autres furent condamn√©s √† la prison perp√©tuelle, ou soumis √† des p√©nitences de diff√©rents genres. Il y eut une si grande √©migration, qu'on y comptait cinq cents maisons vides, et dans le dioc√®se trois mille; et en tout il y eut plus de cent mille h√©r√©tiques mis √† mort, ou punis de quelque autre mani√®re, ou qui s'expatri√®rent pour √©viter le ch√Ętiment. Ainsi ces P√®res pieux firent un grand carnage des h√©r√©tiques.
¬†¬†¬†¬†L'√©tablissement de l'inquisition de Tol√®de fut une source f√©conde de biens pour l'√Čglise catholique. Dans le court espace de deux ans, elle fit br√Ľler cinquante-deux h√©r√©tiques obstin√©s, et deux cent vingt furent condamn√©s par contumace: d'o√Ļ l'on peut conjecturer de quelle utilit√© cette inquisition a √©t√© depuis qu'elle est √©tablie, puisqu'en si peu de temps elle avait fait de si grandes choses.
¬†¬†¬†¬†D√®s le commencement du quinzi√®me si√®cle, le pape Boniface IX tenta vainement d'√©tablir l'inquisition dans le royaume de Portugal, o√Ļ il cr√©a le provincial des dominicains, Vincent de Lisbonne, inquisiteur g√©n√©ral. Innocent VII, quelques ann√©es apr√®s, ayant nomm√© inquisiteur le minime Didacus de Sylva, le roi Jean 1er √©crivit √† ce pape que l'√©tablissement de l'inquisition dans son royaume √©tait contraire au bien de ses sujets, √† ses propres int√©r√™ts, et peut-√™tre m√™me √† ceux de la religion.
    Le pape, touché par les représentations d'un prince trop facile, révoqua tous les pouvoirs accordés aux inquisiteurs nouvellement établis, et autorisa Marc, évêque de Sinigaglia, à absoudre les accusés; ce qu'il fit. On rétablit dans leurs charges et dignités ceux qui en avaient été privés, et on délivra beaucoup de gens de la crainte de voir leurs biens confisqués.
¬†¬†¬†¬†Mais que le Seigneur est admirable dans ses voies ! continue Paramo; ce que les souverains pontifes n'avaient pu obtenir par tant d'instances, le roi Jean III l'accorda de lui-m√™me √† un fripon adroit, dont Dieu se servit pour cette bonne oeuvre. En effet, les m√©chants sont souvent des instruments utiles des desseins de Dieu, et il ne r√©prouve pas ce qu'ils font de bien; c'est ainsi que Jean, disant √† notre Seigneur J√©sus-Christ: Ma√ģtre, nous avons vu un homme qui n'est point votre disciple, et qui chassait les d√©mons en votre nom, et nous l'en avons emp√™ch√©; J√©sus lui r√©pondit: Ne l'en emp√™chez pas; car celui qui fait des miracles en mon nom ne dira point de mal de moi; et celui qui n'est pas contre vous est pour vous.
    Paramo raconte ensuite qu'il a vu, dans la bibliothèque de Saint Laurent, à l'Escurial, un écrit de la propre main de Saavedra, par lequel ce fripon explique en détail qu'ayant fabriqué une fausse bulle, il fit son entrée à Séville en qualité de légat, avec un cortége de cent vingt-six domestiques; qu'il tira treize mille ducats des héritiers d'un riche seigneur du pays pendant les vingt jours qu'il y demeura dans le palais de l'archevêque, en produisant une obligation contrefaite de pareille somme que ce seigneur reconnaissait avoir empruntée du légat pendant son séjour à Rome; et qu'enfin, arrivé à Badajoz, le roi Jean III, auquel il fit présenter de fausses lettres du pape, lui permit d'établir des tribunaux de l'inquisition dans les principales villes du royaume.
¬†¬†¬†¬†Ces tribunaux commenc√®rent tout de suite √† exercer leur juridiction, et il se fit un grand nombre de condamnations et d'ex√©cutions d'h√©r√©tiques relaps, et des absolutions d'h√©r√©tiques p√©nitents. Six mois s'√©taient ainsi pass√©s lorsqu'on reconnut la v√©rit√© de ce mot de l'√Čvangile: " Il n'y a rien de cach√© qui ne se d√©couvre. " Le marquis de Villeneuve de Barcarotta, seigneur espagnol, second√© par le gouverneur de Mora, enleva le fourbe, et le conduisit √† Madrid. On le fit compara√ģtre par-devant Jean de Tavera, archev√™que de Tol√®de. Ce pr√©lat, √©tonn√© de tout ce qu'il apprit de la fourberie et de l'adresse du faux l√©gat, envoya toutes les pi√®ces du proc√®s au pape Paul III, aussi bien que les actes des inquisitions que Saavedra avait √©tablies, et par lesquels il paraissait qu'on avait condamn√© et jug√© d√©j√† un grand nombre d'h√©r√©tiques, et que ce fourbe avait extorqu√© plus de trois cent mille ducats.
¬†¬†¬†¬†Le pape ne put s'emp√™cher de reconna√ģtre dans tout cela le doigt de Dieu et un miracle de sa providence; aussi forma-t-il la congr√©gation de ce tribunal sous le nom de Saint-Office, en 1545; et Sixte V la confirma en 1588.
    Tous les auteurs sont d'accord avec Paramo sur cet établissement de l'inquisition en Portugal; le seul Antoine de Souza, dans ses Aphorismes des inquisiteurs, révoque en doute l'histoire de Saavedra, sous prétexte qu'il a fort bien pu s'accuser lui-même sans être coupable, en considération de la gloire qui devait lui en revenir, et dans l'espérance de vivre dans la mémoire des hommes. Mais Souza, dans le récit qu'il substitue à celui de Paramo, se rend suspect lui-même de mauvaise foi en citant deux bulles de Paul III, et deux autres du même pape au cardinal Henri, frère du roi; bulles que Souza n'a point fait imprimer dans son ouvrage, et qui ne se trouvent dans aucune des collections de bulles apostoliques: deux raisons décisives de rejeter son sentiment et de s'en tenir à celui de Paramo, d'Illescas, de Salazar, de Mendoça, de Fernandez, de Placentinus, etc.
¬†¬†¬†¬†Quand les Espagnols pass√®rent en Am√©rique, ils port√®rent l'inquisition avec eux; les Portugais l'introduisirent aux Indes aussit√īt qu'elle fut autoris√©e √† Lisbonne: c'est ce qui fait dire √† Louis de Paramo, dans sa pr√©face, que cet arbre florissant et vert a √©tendu ses racines et ses branches dans le monde entier, et a port√© les fruits les plus doux.
    Pour nous former actuellement quelque idée de la jurisprudence de l'inquisition, et de la forme de sa procédure, inconnue aux tribunaux civils, parcourons le Directoire des inquisiteurs, que Nicolas Eymeric, grand-inquisiteur dans le royaume d'Aragon, vers le milieu du quatorzième siècle, composa en latin, et adressa aux inquisiteurs ses confrères, en vertu de l'autorité de sa charge.
¬†¬†¬†¬†Peu de temps apr√®s l'invention de l'imprimerie, on donna √† Barcelone (en 1503) une √©dition de cet ouvrage, qui se r√©pandit bient√īt dans toutes les inquisitions du monde chr√©tien. Il en parut une seconde √† Rome, en 1578, in-folio, avec des scolies et des commentaires de Fran√ßois Pegna, docteur en th√©ologie et canoniste.
¬†¬†¬†¬†Voici l'√©loge qu'en fait cet √©diteur dans son √©p√ģtre d√©dicatoire au pape Gr√©goire XIII: " Tandis que les princes chr√©tiens s'occupent de toutes parts √† combattre par les armes les ennemis de la religion catholique, et prodiguent le sang de leurs soldats pour soutenir l'unit√© de l'√Čglise et l'autorit√© du si√©ge apostolique, il est aussi des √©crivains z√©l√©s qui travaillent dans l'obscurit√©, ou √† r√©futer les opinions des novateurs, ou √† armer et √† diriger la puissance des lois contre leurs personnes, afin que la s√©v√©rit√© des peines et la grandeur des supplices, les contenant dans les bornes du devoir, fassent sur eux ce que n'a pu faire l'amour de la vertu.
    Quoique j'occupe la dernière place parmi ces défenseurs de la religion, je suis cependant animé du même zèle pour réprimer l'audace impie des novateurs et leur horrible méchanceté. Le travail que je vous présente ici sur le Directoire des inquisiteurs en sera la preuve. Cet ouvrage de Nicolas Eymeric, respectable par son antiquité, contient un abrégé des principaux dogmes de la foi, et une instruction très suivie et très méthodique, aux tribunaux de la sainte inquisition, sur les moyens qu'ils doivent employer pour contenir et extirper les hérétiques. C'est pourquoi j'ai cru devoir en faire un hommage à votre sainteté, comme au chef de la république chrétienne. "
    Il déclare ailleurs qu'il le fait réimprimer pour l'instruction des inquisiteurs; que cet ouvrage est aussi admirable que respectable, et qu'on y enseigne avec autant de piété que d'érudition les moyens de contenir et d'extirper les hérétiques. Il avoue cependant qu'il y a beaucoup d'autres pratiques utiles et sages pour lesquelles il renvoie à l'usage, qui instruira mieux que les leçons, d'autant plus qu'il y a en ce genre certaines choses qu'il est important de ne point divulguer, et qui sont assez connues des inquisiteurs. Il cite çà et là une infinité d'écrivains qui tous ont suivi la doctrine du Directoire; il se plaint même que plusieurs en ont profité sans faire honneur à Eymeric des belles choses qu'ils lui dérobaient.
    Mettons-nous à l'abri d'un pareil reproche en indiquant exactement ce que nous emprunterons de l'auteur et de l'éditeur. Eymeric dit, page 58: La commisération pour les enfants du coupable qu'on réduit à la mendicité ne doit point adoucir cette sévérité, puisque, par les lois divines et humaines, les enfants sont punis pour les fautes de leurs pères.
    Page 123. Si une accusation intentée était dépourvue de toute apparence de vérité, il ne faut pas pour cela que l'inquisiteur l'efface de son livre, parce que ce qu'on ne découvre pas dans un temps se découvre dans un autre.
¬†¬†¬†¬†Page 291. Il faut que l'inquisiteur oppose des ruses √† celles des h√©r√©tiques, afin de river leur clou par un autre, et de pouvoir leur dire ensuite avec l'Ap√ītre: Comme j'√©tais fin, je vous ai pris par finesse.
¬†¬†¬†¬†Page 296. On pourra lire le proc√®s-verbal √† l'accus√© en supprimant absolument les noms des d√©nonciateurs; et alors c'est √† l'accus√© √† conjecturer qui sont ceux qui ont form√© contre lui telles et telles accusations, √† les r√©cuser, ou √† infirmer leurs t√©moignages: c'est la m√©thode que l'on observe commun√©ment. Il ne faut pas que les accus√©s s'imaginent qu'on admettra facilement la r√©cusation des t√©moins en mati√®re d'h√©r√©sie: car il n'importe que les t√©moins soient gens de bien ou inf√Ęmes, complices du m√™me crime, excommuni√©s, h√©r√©tiques ou coupables en quelque mani√®re que ce soit, ou parjures, etc. C'est ce qui a √©t√© r√©gl√© en faveur de la foi.
    Page 302. L'appel qu'un accusé fait de l'inquisiteur n'empêche pas celui-ci de demeurer juge contre lui sur d'autres chefs d'accusation.
    Page 313. Quoiqu'on ait supposé dans la formule de la sentence de torture qu'il y avait variation dans les réponses de l'accusé, et d'autre part indices suffisants pour l'appliquer à la question, ces deux conditions ensemble ne sont pas nécessaires; elles suffisent réciproquement l'une sans l'autre.
    Pegna nous apprend, scolie 118, livre III, que les inquisiteurs n'emploient ordinairement que cinq espèces de tourments dans la question, quoique Marsilius fasse mention de quatorze espèces, et qu'il ajoute même qu'il en a imaginé d'autres, comme la soustraction du sommeil, en quoi il est approuvé par Grillandus et par Locatus.
    Eymeric continue, page 319. Il faut bien prendre garde d'insérer dans la formule d'absolution que l'accusé est innocent, mais seulement qu'il n'y a pas de preuves suffisantes contre lui; précaution qu'on prend afin que si dans la suite l'accusé qu'on absout était remis en cause, l'absolution qu'il reçoit ne puisse pas lui servir de défense.
    Page 324. On prescrit quelquefois ensemble l'abjuration et la purgation canonique. C'est ce qu'on fait lorsqu'à la mauvaise réputation d'un homme en matière de doctrine il se joint des indices considérables, qui, s'ils étaient un peu plus forts, tendraient à le convaincre d'avoir effectivement dit ou fait quelque chose contre la foi. L'accusé qui est dans ce cas est obligé d'abjurer toute hérésie en général; et alors, s'il retombe dans quelque hérésie que ce soit, même distinguée de celles sur lesquelles il avait été suspect, il est puni comme relaps, et livré au bras séculier.
    Page 331. Les relaps, lorsque la rechute est bien constatée, doivent être livrés à la justice séculière, quelque protestation qu'ils fassent pour l'avenir, et quelque repentir qu'ils témoignent. L'inquisiteur fera donc avertir la justice séculière qu'un tel jour, à telle heure, et dans un tel lieu, on lui livrera un hérétique; et l'on fera annoncer au peuple qu'il ait à se trouver à la cérémonie, parce que l'inquisiteur fera un sermon sur la foi, et que les assistants y gagneront les indulgences accoutumées.
    Ces indulgences sont ainsi énoncées après la formule de sentence contre l'hérétique pénitent: L'inquisiteur accordera quarante jours d'indulgence à tous les assistants, trois ans à ceux qui ont contribué à la capture, à l'abjuration, à la condamnation, etc., de l'hérétique; et enfin trois ans aussi, de la part de notre saint père le pape, à tous ceux qui dénonceront quelque autre hérétique.
¬†¬†¬†¬†Page 332. Lorsque le coupable aura √©t√© livr√© √† la justice s√©culi√®re, celle-ci prononcera sa sentence, et le criminel sera conduit au lieu du supplice: des personnes pieuses l'accompagneront, l'associeront √† leurs pri√®res, prieront avec lui, et ne le quitteront point qu'il n'ait rendu son √Ęme √† son Cr√©ateur. Mais elles doivent bien prendre garde de rien dire ou de rien faire qui puisse h√Ęter le moment de sa mort, de peur de tomber dans l'irr√©gularit√©. Ainsi on ne doit point exhorter le criminel √† monter sur l'√©chafaud, ni √† se pr√©senter au bourreau, ni avertir celui-ci de disposer les instruments du supplice, de mani√®re que la mort s'ensuive plus promptement et que le patient ne languisse point, toujours √† cause de l'irr√©gularit√©.
¬†¬†¬†¬†Page 335. S'il arrivait que l'h√©r√©tique, pr√™t √† √™tre attach√© au pieu pour √™tre br√Ľl√©, donn√Ęt des signes de conversion, on pourrait peut-√™tre le recevoir par gr√Ęce singuli√®re, et l'enfermer entre quatre murailles comme les h√©r√©tiques p√©nitents, quoiqu'il ne faille pas ajouter beaucoup de foi √† une pareille conversion, et que cette indulgence ne soit autoris√©e par aucune disposition du droit; mais cela est fort dangereux: j'en ai vu un exemple √† Barcelone. Un pr√™tre, condamn√© avec deux autres h√©r√©tiques imp√©nitents, et d√©j√† au milieu des flammes, cria qu'on le retir√Ęt, et qu'il voulait se convertir: on le retira en effet d√©j√† br√Ľl√© d'un c√īt√©; je ne dis pas qu'on ait bien ou mal fait: ce que je sais, c'est que quatorze ans apr√®s on s'aper√ßut qu'il dogmatisait encore, et qu'il avait corrompu beaucoup de personnes; on l'abandonna donc une autre fois √† la justice, et il fut br√Ľl√©.
¬†¬†¬†¬†Personne ne doute, dit Pegna, scolie 47, qu'il ne faille faire mourir les h√©r√©tiques; mais on peut demander quel genre de supplice il convient d'employer. Alfonse de Castro, livre II, de la juste punition des h√©r√©tiques, pense qu'il est assez indiff√©rent de les faire p√©rir par l'√©p√©e, ou par le feu, ou par quelque autre supplice; mais Hostiensis, Godofredus, Covarruvias, Simancas, Roxas, etc., soutiennent qu'il faut absolument les br√Ľler. En effet, comme le dit tr√®s bien Hostiensis, le supplice du feu est la peine due √† l'h√©r√©sie. On lit dans saint Jean: Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il sera jet√© dehors comme un sarment, et il s√©chera, et on le ramassera pour le jeter au feu et le br√Ľler. Ajoutons, continue Pegna, que la coutume universelle de la r√©publique chr√©tienne vient √† l'appui de ce sentiment. Simancas et Roxas d√©cident qu'il faut les br√Ľler vifs; mais il y a une pr√©caution qu'il faut toujours prendre en les br√Ľlant, c'est de leur arracher la langue ou de leur fermer la bouche, afin qu'ils ne scandalisent pas les assistants par leurs impi√©t√©s.
¬†¬†¬†¬†Enfin, page 369, Eymeric ordonne qu'en mati√®re d'h√©r√©sie on proc√®de tout uniment, sans les criailleries des avocats, et sans tant de solennit√©s dans les jugements; c'est-√†-dire qu'on rende la proc√©dure la plus courte qu'il est possible en en retranchant les d√©lais inutiles, en travaillant √† instruire la cause, m√™me dans les jours o√Ļ les autres juges suspendent leurs travaux, en rejetant tout appel qui ne sert qu'√† √©loigner le jugement, en n'admettant pas une multitude inutile de t√©moins, etc.
    Cette jurisprudence révoltante n'a été que restreinte en Espagne et en Portugal, tandis que l'inquisition même vient enfin d'être entièrement supprimée à Milan.
SECTION II.
    L'inquisition est, comme on sait, une invention admirable et tout-à-fait chrétienne pour rendre le pape et les moines plus puissants, et pour rendre tout un royaume hypocrite.
¬†¬†¬†¬†On regarde d'ordinaire saint Dominique comme le premier √† qui l'on doit cette sainte institution. En effet, nous avons encore une patente donn√©e par ce grand saint, laquelle est con√ßue en ces propres mots: " Moi, fr√®re Dominique, je r√©concilie √† l'√Čglise le nomm√© Roger, porteur des pr√©sentes, √† condition qu'il se fera fouetter par un pr√™tre trois dimanches cons√©cutifs depuis l'entr√©e de la ville jusqu'√† la porte de l'√©glise, qu'il fera maigre toute sa vie, qu'il je√Ľnera trois car√™mes dans l'ann√©e, qu'il ne boira jamais de vin, qu'il portera le san-benito avec des croix, qu'il r√©citera le br√©viaire tous les jours, dix pater dans la journ√©e, et vingt √† l'heure de minuit; qu'il gardera d√©sormais la continence, et qu'il se pr√©sentera tous les mois au cur√© de sa paroisse, etc.; tout cela sous peine d'√™tre trait√© comme h√©r√©tique, parjure, et imp√©nitent. "
    Quoique Dominique soit le véritable fondateur de l'inquisition, cependant Louis de Paramo, l'un des plus respectables écrivains et des plus brillantes lumières du Saint-Office, rapporte, au titre second de son second livre, que Dieu fut le premier instituteur du Saint-Office, et qu'il exerça le pouvoir des frères prêcheurs contre Adam. D'abord Adam est cité au tribunal: Adam, ubi es ? et en effet, ajoute-t-il, le défaut de citation aurait rendu la procédure de Dieu nulle.
    Les habits de peau que Dieu fit à Adam et à ève furent le modèle du san-benito que le Saint-Office fait porter aux hérétiques. Il est vrai que par cet argument on prouve que Dieu fut le premier tailleur; mais il n'est pas moins évident qu'il fut le premier inquisiteur.
    Adam fut privé de tous les biens immeubles qu'il possédait dans le paradis terrestre: c'est de là que le Saint-Office confisque les biens de tous ceux qu'il a condamnés.
¬†¬†¬†¬†Louis de Paramo remarque que les habitants de Sodome furent br√Ľl√©s comme h√©r√©tiques, parce que la sodomie est une h√©r√©sie formelle. De l√† il passe √† l'histoire des Juifs; il y trouve partout le Saint-Office.
    Jésus-Christ est le premier instituteur de la nouvelle loi; les papes furent inquisiteurs de droit divin, et enfin ils communiquèrent leur puissance à saint Dominique.
    Il fait ensuite le dénombrement de tous ceux que l'inquisition a mis à mort; il en trouve beaucoup au-delà de cent mille.
    Son livre fut imprimé en 1598 à Madrid, avec l'approbation des docteurs, les éloges de l'évêque, et le privilège du roi. Nous ne concevons pas aujourd'hui des horreurs si extravagantes à la fois et si abominables; mais alors rien ne paraissait plus naturel et plus édifiant. Tous les hommes ressemblent à Louis de Paramo quand ils sont fanatiques.
    Ce Paramo était un homme simple, très exact dans les dates, n'omettant aucun fait intéressant, et supputant avec scrupule le nombre des victimes humaines que le Saint-Office a immolées dans tous les pays.
¬†¬†¬†¬†Il raconte avec la plus grande na√Įvet√© l'√©tablissement de l'inquisition en Portugal, et il est parfaitement d'accord avec quatre autres historiens qui ont tous parl√© comme lui. Voici ce qu'ils rapportent unanimement.
√ČTABLISSEMENT CURIEUX DE L'INQUISITION EN PORTUGAL.
¬†¬†¬†¬†Il y avait longtemps que le pape Boniface IX, au commencement du quinzi√®me si√®cle, avait d√©l√©gu√© des fr√®res pr√™cheurs qui allaient en Portugal, de ville en ville, br√Ľler les h√©r√©tiques, les musulmans, et les Juifs; mais ils √©taient ambulants, et les rois m√™mes se plaignirent quelquefois de leurs vexations. Le pape Cl√©ment VII voulut leur donner un √©tablissement fixe en Portugal, comme ils en avaient en Aragon et en Castille. Il y eut des difficult√©s entre la cour de Rome et celle de Lisbonne; les esprits s'aigrirent, l'inquisition en souffrait, et n'√©tait point √©tablie parfaitement.
¬†¬†¬†¬†En 1539 il parut √† Lisbonne un l√©gat du pape, qui √©tait venu, disait-il, pour √©tablir la sainte inquisition sur des fondements in√©branlables. Il apporte au roi Jean III des lettres du pape Paul III. Il avait d'autres lettres de Rome pour les principaux officiers de la cour; ses patentes de l√©gat √©taient d√Ľment scell√©es et sign√©es: il montra les pouvoirs les plus amples de cr√©er un grand-inquisiteur et tous les juges du Saint-Office. C'√©tait un fourbe, nomm√© Saavedra, qui savait contrefaire toutes les √©critures, fabriquer et appliquer de faux sceaux et de faux cachets. Il avait appris ce m√©tier √† Rome, et s'y √©tait perfectionn√© √† S√©ville, dont il arrivait avec deux autres fripons. Son train √©tait magnifique; il √©tait compos√© de plus de cent vingt domestiques. Pour subvenir √† cette √©norme d√©pense, lui et ses confidents emprunt√®rent √† S√©ville des sommes immenses au nom de la chambre apostolique de Rome; tout √©tait concert√© avec l'artifice le plus √©blouissant.
¬†¬†¬†¬†Le roi de Portugal fut √©tonn√© d'abord que le pape lui envoy√Ęt un l√©gat a latere sans l'en avoir pr√©venu. Le l√©gat r√©pondit fi√®rement que dans une chose aussi pressante que l'√©tablissement fixe de l'inquisition, sa saintet√© ne pouvait souffrir les d√©lais, et que le roi √©tait assez honor√© que le premier courrier qui lui en apportait la nouvelle f√Ľt un l√©gat du saint p√®re. Le roi n'osa r√©pliquer. Le l√©gat, d√®s le jour m√™me, √©tablit un grand-inquisiteur, envoya partout recueillir des d√©cimes; et avant que la cour p√Ľt avoir des r√©ponses de Rome, il avait d√©j√† fait br√Ľler deux cents personnes, et recueilli plus de deux cent mille √©cus.
    Cependant le marquis de Villanova, seigneur espagnol de qui le légat avait emprunté à Séville une somme très considérable sur de faux billets, jugea à propos de se payer par ses mains, au lieu d'aller se compromettre avec le fourbe à Lisbonne. Le légat faisait alors sa tournée sur les frontières de l'Espagne. Il y marche avec cinquante hommes armés, l'enlève, et le conduit à Madrid.
¬†¬†¬†¬†La friponnerie fut bient√īt d√©couverte √† Lisbonne, le conseil de Madrid condamna le l√©gat Saavedra au fouet et √† dix ans de gal√®res; mais ce qu'il y eut d'admirable, c'est que le pape Paul IV confirma depuis tout ce qu'avait √©tabli ce fripon; il rectifia par la pl√©nitude de sa puissance divine toutes les petites irr√©gularit√©s des proc√©dures, et rendit sacr√© ce qui avait √©t√© purement humain.
    Qu'importe de quel bras Dieu daigne se servir ?
¬†¬†¬†¬†Za√Įre, II, 1.
    Voilà comme l'inquisition devint sédentaire à Lisbonne, et tout le royaume admira la Providence.
¬†¬†¬†¬†Au reste, on conna√ģt assez toutes les proc√©dures de ce tribunal; on sait combien elles sont oppos√©es √† la fausse √©quit√© et √† l'aveugle raison de tous les autres tribunaux de l'univers. On est emprisonn√© sur la simple d√©nonciation des personnes les plus inf√Ęmes; un fils peut d√©noncer son p√®re, une femme son mari; on n'est jamais confront√© devant ses accusateurs; les biens sont confisqu√©s au profit des juges: c'est ainsi du moins que l'inquisition s'est conduite jusqu'√† nos jours: il y a l√† quelque chose de divin; car il est incompr√©hensible que les hommes aient souffert ce joug patiemment....
    Enfin le comte d'Aranda a été béni de l'Europe entière en rognant les griffes et en limant les dents du monstre; mais il respire encore.

Dictionnaire philosophique de Voltaire. 2014.

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  • Inquisition ‚ÄĒ Inquisition. Papst Innocenz I. errichtete eine geistliche Beh√∂rde, deren Aufgabe es war, die abtr√ľnnigen Glieder der wahren Kirche zu bessern oder zu bestrafen. Diese Beh√∂rde, unmittelbar unter dem p√§pstlichen Stuhle stehend, wurde die heil.… ‚Ķ   Damen Conversations Lexikon

  • Inquisition ‚ÄĒ In qui*si tion, n. [L. inquisitio : cf. F. inquisition. See {Inquire}, and cf. {Inquest}.] 1. The act of inquiring; inquiry; search; examination; inspection; investigation. [1913 Webster] As I could learn through earnest inquisition. Latimer.… ‚Ķ   The Collaborative International Dictionary of English

  • Inquisition ‚ÄĒ (lat., ¬ĽUntersuchung¬ę, Inquisitio haereticae pravitatis, Ketzergericht, auch Sanctum Officium), das Glaubensgericht, das die r√∂mische Hierarchie zur Aufsuchung und Vertilgung der Ketzer ins Leben gerufen hat. Schon unter den Kaisern Theodosius d ‚Ķ   Meyers Gro√ües Konversations-Lexikon

  • Inquisition ‚ÄĒ Sf (gerichtliche) Untersuchung, besonders der katholischen Kirche per. Wortschatz fach. (16. Jh.) Entlehnung. Entlehnt aus l. inquńęsńętio ( Ňćnis), einer Ableitung von l. inquńęrere (inquńęsńętum) suchen, erkunden , zu l. quaerere (quaesńętum) suchen… ‚Ķ   Etymologisches W√∂rterbuch der deutschen sprache

  • inquisition ‚ÄĒ late 14c., judicial investigation, act or process of inquiring, from O.Fr. inquisicion inquiry, investigation (12c.), from L. inquisitionem (nom. inquisitio) a searching into, legal examination, noun of action from pp. stem of inquirere (see… ‚Ķ   Etymology dictionary

  • Inquisition ‚ÄĒ In qui*si tion, v. t. To make inquisition concerning; to inquire into. [Obs.] Milton. [1913 Webster] ‚Ķ   The Collaborative International Dictionary of English

  • Inquisition ‚ÄĒ (v. lat.), 1) Untersuchung, s. Untersuchungsproce√ü. 2) (Inquisitio haeretń≠cae pravitatis, Ketzergericht, Sanctum officium, Heiliges Officium), in der Katholischen Kirche Glaubensgericht zur Entdeckung u. Bestrafung der Ketzer u. Ungl√§ubigen.… ‚Ķ   Pierer's Universal-Lexikon

  • inquisition ‚ÄĒ in¬∑qui¬∑si¬∑tion /ňĆin kw…ô zi sh…ôn, ňĆiŇč / n 1: the act of inquiring or examining 2: a judicial or official inquiry or examination usu. before a jury; also: the finding that results from such an inquiry Merriam Webster‚Äôs Dictionary of Law. Merriam… ‚Ķ   Law dictionary


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