GOUVERNEMENT

ÔĽŅ
GOUVERNEMENT
SECTION PREMI√ąRE.
¬†¬†¬†¬†Il faut que le plaisir de gouverner soit bien grand, puisque tant de gens veulent s'en m√™ler. Nous avons beaucoup plus de livres sur le gouvernement qu'il n'y a de princes sur la terre. Que Dieu me pr√©serve ici d'enseigner les rois, et messieurs leurs ministres, et messieurs leurs valets-de-chambre, et messieurs leurs confesseurs, et messieurs leurs fermiers-g√©n√©raux ! Je n'y entends rien, je les r√©v√®re tous. Il n'appartient qu'√† M. Wilkes de peser dans sa balance anglaise ceux qui sont √† la t√™te du genre humain. De plus, il serait bien √©trange qu'avec trois ou quatre mille volumes sur le gouvernement; avec Machiavel, et la Politique de l'√Čcriture sainte par Bossuet; avec le Citoyen financier, le Guidon des finances, le Moyen d'enrichir un √Čtat, etc., il y e√Ľt encore quelqu'un qui ne s√Ľt pas parfaitement tous les devoirs des rois et l'art de conduire les hommes.
¬†¬†¬†¬†Le professeur Puffendorf , ou le baron Puffendorf, dit que le roi David, ayant jur√© de ne jamais attenter √† la vie de Sem√©i son conseiller priv√©, ne trahit point son serment quand il ordonna (selon l'histoire juive) √† son fils Salomon de faire assassiner Sem√©i, " parce que David ne s'√©tait engag√© que pour lui seul √† ne pas tuer Sem√©i. " Le baron, qui r√©prouve si hautement les restrictions mentales des j√©suites, en permet une ici √† l'oint David, qui ne sera pas du go√Ľt des conseillers d'√Čtat.
¬†¬†¬†¬†Pesez les paroles de Bossuet dans sa Politique de l'√Čcriture sainte √† monseigneur le dauphin. " Voil√† donc la royaut√© attach√©e par succession √† la maison de David et de Salomon, et le tr√īne de David est affermi √† jamais (quoique ce petit escabeau appel√© tr√īne ait tr√®s peu dur√©). En vertu de cette loi, l'a√ģn√© devait succ√©der au pr√©judice de ses fr√®res; c'est pourquoi Adonias, qui √©tait l'a√ģn√©, dit √† Bethsab√©e, m√®re de Salomon: Vous savez que le royaume √©tait √† moi, et tout Isra√ęl m'avait reconnu; mais le Seigneur a transf√©r√© le royaume √† mon fr√®re Salomon. " Le droit d'Adonias √©tait incontestable; Bossuet le dit express√©ment √† la fin de cet article. Le Seigneur a transf√©r√© n'est qu'une expression ordinaire, qui veut dire, j'ai perdu mon bien, on m'a enlev√© mon bien. Adonias √©tait n√© d'une femme l√©gitime; la naissance de son cadet n'√©tait que le fruit d'un double crime.
¬†¬†¬†¬†" A moins donc, dit Bossuet, qu'il n'arriv√Ęt quelque chose d'extraordinaire, l'a√ģn√© devait succ√©der. " Or cet extraordinaire fut que Salomon, n√© d'un mariage fond√© sur un double adult√®re et sur un meurtre, fit assassiner au pied de l'autel son fr√®re a√ģn√©, son roi l√©gitime, dont les droits √©taient soutenus par le pontife Abiathar et par le g√©n√©ral Joab. Apr√®s cela, avouons qu'il est plus difficile qu'on ne pense de prendre des le√ßons du droit des gens et du gouvernement dans l'√Čcriture sainte, donn√©e aux Juifs, et ensuite √† nous, pour des int√©r√™ts plus sublimes.
    " Que le salut du peuple soit la loi suprême: " telle est la maxime fondamentale des nations; mais on fait consister le salut du peuple à égorger une partie des citoyens dans toutes les guerres civiles. Le salut d'un peuple est de tuer ses voisins et de s'emparer de leurs biens dans toutes les guerres étrangères. Il est encore difficile de trouver là un droit des gens bien salutaire, et un gouvernement bien favorable à l'art de penser et à la douceur de la société.
    Il y a des figures de géométrie très régulières et parfaites en leur genre; l'arithmétique est parfaite; beaucoup de métiers sont exercés d'une manière toujours uniforme et toujours bonne: mais pour le gouvernement des hommes, peut-il jamais en être un bon, quand tous sont fondés sur des passions qui se combattent ?
    Il n'y a jamais eu de couvents de moines sans discorde; il est donc impossible qu'elle ne soit dans les royaumes. Chaque gouvernement est non seulement comme les couvents, mais comme les ménages: il n'y en a point sans querelles; et les querelles de peuple à peuple, de prince à prince, ont toujours été sanglantes: celles des sujets avec leurs souverains n'ont pas quelquefois été moins funestes: comment faut-il faire ? ou risquer, ou se cacher.
SECTION II.
    Plus d'un peuple souhaite une constitution nouvelle: les Anglais voudraient changer de ministres tous les huit jours; mais ils ne voudraient pas changer la forme de leur gouvernement.
¬†¬†¬†¬†Les Romains modernes sont tous fiers de l'√©glise de Saint-Pierre, et de leurs anciennes statues grecques; mais le peuple voudrait √™tre mieux nourri, mieux v√™tu, d√Ľt-il √™tre moins riche en b√©n√©dictions: les p√®res de famille souhaiteraient que l'√Čglise e√Ľt moins d'or, et qu'il y e√Ľt plus de bl√© dans leurs greniers; ils regrettent le temps o√Ļ les ap√ītres allaient √† pied, et o√Ļ les citoyens romains voyageaient de palais en palais en liti√®re.
¬†¬†¬†¬†On ne cesse de nous vanter les belles r√©publiques de la Gr√®ce: il est s√Ľr que les Grecs aimeraient mieux le gouvernement des P√©ricl√®s et des D√©mosth√®ne que celui d'un bacha; mais dans leurs temps les plus florissants ils se plaignaient toujours; la discorde, la haine, √©taient au-dehors entre toutes les villes, et au-dedans dans chaque cit√©. Ils donnaient des lois aux anciens Romains qui n'en avaient pas encore; mais les leurs √©taient si mauvaises qu'ils les chang√®rent continuellement.
¬†¬†¬†¬†Quel gouvernement que celui o√Ļ le juste Aristide √©tait banni, Phocion mis √† mort, Socrate condamn√© √† la cigu√ę, apr√®s avoir √©t√© bern√© par Aristophane; o√Ļ l'on voit les Amphictyons livrer imb√©cilement la Gr√®ce √† Philippe, parce que les Phoc√©ens avaient labour√© un champ qui √©tait du domaine d'Apollon ! mais le gouvernement des monarchies voisines √©tait pire.
¬†¬†¬†¬†Puffendorf promet d'examiner quelle est la meilleure forme de gouvernement: il vous dit " que plusieurs prononcent en faveur de la monarchie, et d'autres, au contraire, se d√©cha√ģnent furieusement contre les rois; et qu'il est hors de son sujet d'examiner en d√©tail les raisons de ces derniers. "
    Si quelque lecteur malin attend ici qu'on lui en dise plus que Puffendorf, il se trompera beaucoup.
    Un Suisse, un Hollandais, un noble Vénitien, un pair d'Angleterre, un cardinal, un comte de l'empire, disputaient un jour en voyage sur la préférence de leurs gouvernements; personne ne s'entendit, chacun demeura dans son opinion sans en avoir une bien certaine; et ils s'en retournèrent chez eux sans avoir rien conclu, chacun louant sa patrie par vanité, et s'en plaignant par sentiment.
    Quelle est donc la destinée du genre humain ! presque nul grand peuple n'est gouverné par lui-même.
    Partez de l'Orient pour faire le tour du monde: le Japon a fermé ses ports aux étrangers, dans la juste crainte d'une révolution affreuse.
¬†¬†¬†¬†La Chine a subi cette r√©volution; elle ob√©it √† des Tartares moiti√© Mantchoux, moiti√© Huns; l'Inde, √† des Tartares Mogols. L'Euphrate, le Nil, l'Oronte, la Gr√®ce, l'√Čpire, sont encore sous le joug des Turcs. Ce n'est point une race anglaise qui r√®gne en Angleterre; c'est une famille allemande, qui a succ√©d√© √† un prince hollandais, et celui-ci √† une famille √©cossaise, laquelle avait succ√©d√© √† une famille angevine, qui avait remplac√© une famille normande, qui avait chass√© une famille saxonne et usurpatrice. L'Espagne ob√©it √† une famille fran√ßaise, qui succ√©da √† une race autrichienne; cette autrichienne √† des familles qui se vantaient d'√™tre Visigothes; ces Visigoths avaient √©t√© chass√©s longtemps par des Arabes, apr√®s avoir succ√©d√© aux Romains, qui avaient chass√© les Carthaginois.
    La Gaule obéit à des Francs, après avoir obéi à des préfets romains.
    Les mêmes bords du Danube ont appartenu aux Germains, aux Romains, aux Abares, aux Slaves, aux Bulgares, aux Huns, à vingt familles différentes, et presque toutes étrangères.
¬†¬†¬†¬†Et qu'a-t-on vu de plus √©tranger √† Rome que tant d'empereurs n√©s dans des provinces barbares, et tant de papes n√©s dans des provinces non moins barbares ? Gouverne qui peut. Et quand on est parvenu √† √™tre le ma√ģtre, on gouverne comme on peut.
SECTION III.
    Un voyageur racontait ce qui suit, en 1769: J'ai vu dans mes courses un pays assez grand et assez peuplé, dans lequel toutes les places s'achètent, non pas en secret et pour frauder la loi comme ailleurs, mais publiquement et pour obéir à la loi. On y met à l'encan le droit de juger souverainement de l'honneur, de la fortune et de la vie des citoyens, comme on vend quelques arpents de terre. Il y a des commissions très importantes dans les armées qu'on ne donne qu'au plus offrant. Le principal mystère de leur religion se célèbre pour trois petits sesterces; et si le célébrant ne trouve point ce salaire, il reste oisif comme un gagne-denier sans emploi.
    Les fortunes dans ce pays ne sont point le prix de l'agriculture; elles sont le résultat d'un jeu de hasard que plusieurs jouent en signant leurs noms, et en faisant passer ces noms de main en main. S'ils perdent, ils rentrent dans la fange dont ils sont sortis, ils disparaissent; s'ils gagnent, ils parviennent à entrer de part dans l'administration publique; ils marient leurs filles à des mandarins, et leurs fils deviennent aussi espèces de mandarins.
¬†¬†¬†¬†Une partie consid√©rable des citoyens a toute sa subsistance assign√©e sur une maison qui n'a rien; et cent personnes ont achet√© chacune cent mille √©cus le droit de recevoir et de payer l'argent d√Ľ √† ces citoyens sur cet h√ītel imaginaire; droit dont ils n'usent jamais, ignorant profond√©ment ce qui est cens√© passer par leurs mains.
    Quelquefois on entend crier par les rues une proposition faite à quiconque a un peu d'or dans sa cassette, de s'en dessaisir pour acquérir un carré de papier admirable, qui vous fera passer sans aucun soin une vie douce et commode. Le lendemain on vous crie un ordre qui vous force à changer ce papier contre un autre qui sera bien meilleur. Le surlendemain on vous étourdit d'un nouveau papier qui annule les deux premiers. Vous êtes ruiné; mais de bonnes têtes vous consolent, en vous assurant que dans quinze jours les colporteurs de la ville vous crieront une proposition plus engageante.
    Vous voyagez dans une province de cet empire, et vous y achetez des choses nécessaires au vêtir, au manger, au boire, au coucher. Passez-vous dans une autre province, on vous fait payer des droits pour toutes ces denrées, comme si vous veniez d'Afrique. Vous en demandez la raison, on ne vous répond point; ou, si l'on daigne vous parler, on vous répond que vous venez d'une province réputée étrangère, et que par conséquent il faut payer pour la commodité du commerce. Vous cherchez en vain à comprendre comment des provinces du royaume sont étrangères au royaume.
¬†¬†¬†¬†Il y a quelque temps qu'en changeant de chevaux, et me sentant affaibli de fatigue, je demandai un verre de vin au ma√ģtre de la poste. Je ne saurais vous le donner, me dit-il; les commis √† la soif, qui sont en tr√®s grand nombre, et tous fort sobres, me feraient payer le trop bu, ce qui me ruinerait. Ce n'est point trop boire, lui dis-je, que de se sustenter d'un verre de vin; et qu'importe que ce soit vous ou moi qui ait aval√© ce verre ?
    Monsieur, répliqua-t-il, nos lois sur la soif sont bien plus belles que vous ne pensez. Dès que nous avons fait la vendange, les locataires du royaume nous députent des médecins qui viennent visiter nos caves. Ils mettent à part autant de vin qu'ils jugent à propos de nous en laisser boire pour notre santé. Ils reviennent au bout de l'année; et s'ils jugent que nous avons excédé d'une bouteille l'ordonnance, ils nous condamnent à une forte amende; et pour peu que nous soyons récalcitrants, on nous envoie à Toulon boire de l'eau de la mer. Si je vous donnais le vin que vous me demandez, on ne manquerait pas de m'accuser d'avoir trop bu: vous voyez ce que je risquerais avec les intendants de notre santé.
    J'admirai ce régime; mais je ne fus pas moins surpris lorsque je rencontrai un plaideur au désespoir, qui m'apprit qu'il venait de perdre au-delà du ruisseau le plus prochain le même procès qu'il avait gagné la veille au-deçà. Je sus par lui qu'il y a dans le pays autant de codes différents que de villes. Sa conversation excita ma curiosité. Notre nation est si sage, me dit-il, qu'on n'y a rien réglé. Les lois, les coutumes, les droits des corps, les rangs, les prééminences, tout y est arbitraire, tout y est abandonné à la prudence de la nation.
    J'étais encore dans le pays lorsque ce peuple eut une guerre avec quelques uns de ses voisins. On appelait cette guerre la ridicule, parce qu'il y avait beaucoup à perdre, et rien à gagner. J'allai voyager ailleurs, et je ne revins qu'à la paix. La nation, à mon retour, paraissait dans la dernière misère; elle avait perdu son argent, ses soldats, ses flottes, son commerce. Je dis: Son dernier jour est venu, il faut que tout passe; voilà une nation anéantie: c'est dommage; car une grande partie de ce peuple était aimable, industrieuse, et fort gaie, après avoir été autrefois grossière, superstitieuse, et barbare.
    Je fus tout étonné qu'au bout de deux ans sa capitale et ses principales villes me parurent plus opulentes que jamais; le luxe était augmenté, et on ne respirait que le plaisir. Je ne pouvais concevoir ce prodige. Je n'en ai vu enfin la cause qu'en examinant le gouvernement de ses voisins; j'ai conçu qu'ils étaient tout aussi mal gouvernés que cette nation, et qu'elle était plus industrieuse qu'eux tous.
¬†¬†¬†¬†Un provincial de ce pays dont je parle se plaignait un jour am√®rement de toutes les vexations qu'il √©prouvait. Il savait assez bien l'histoire; on lui demanda s'il se serait cru plus heureux il y a cent ans, lorsque dans son pays, alors barbare, on condamnait un citoyen √† √™tre pendu pour avoir mang√© gras en car√™me ? il secoua la t√™te. Aimeriez-vous les temps des guerres civiles qui commenc√®rent √† la mort de Fran√ßois II, ou ceux des d√©faites de Saint-Quentin et de Pavie, ou les longs d√©sastres des guerres contre les Anglais, ou l'anarchie f√©odale, et les horreurs de la seconde race, et les barbaries de la premi√®re ? A chaque question il √©tait saisi d'effroi. Le gouvernement des Romains lui parut le plus intol√©rable de tous. Il n'y a rien de pis, disait-il, que d'appartenir √† des ma√ģtres √©trangers. On en vint enfin aux druides. Ah ! s'√©cria-t-il, je me trompais; il est encore plus horrible d'√™tre gouvern√© par des pr√™tres sanguinaires. Il conclut enfin, malgr√© lui, que le temps o√Ļ il vivait √©tait, √† tout prendre, le moins odieux.
SECTION IV.
    Un aigle gouvernait les oiseaux de tout le pays d'Ornithie. Il est vrai qu'il n'avait d'autre droit que celui de son bec et de ses serres. Mais enfin, après avoir pourvu à ses repas et à ses plaisirs, il gouverna aussi bien qu'aucun autre oiseau de proie.
    Dans sa vieillesse, il fut assailli par des vautours affamés qui vinrent du fond du Nord désoler toutes les provinces de l'aigle. Parut alors un chat-huant, né dans un des plus chétifs buissons de l'empire, et qu'on avait longtemps appelé lucifugax. Il était rusé; il s'associa avec des chauves-souris; et tandis que les vautours se battaient contre l'aigle, notre hibou et sa troupe entrèrent habilement en qualité de pacificateurs dans l'aire qu'on se disputait.
    L'aigle et les vautours, après une assez longue guerre, s'en rapportèrent à la fin au hibou, qui avec sa physionomie grave sut en imposer aux deux partis.
¬†¬†¬†¬†Il persuada √† l'aigle et aux vautours de se laisser rogner un peu les ongles, et couper le petit bout du bec, pour se mieux concilier ensemble. Avant ce temps le hibou avait toujours dit aux oiseaux, Ob√©issez √† l'aigle; ensuite il avait dit, Ob√©issez aux vautours. Il dit bient√īt, Ob√©issez √† moi seul. Les pauvres oiseaux ne surent √† qui entendre; ils furent plum√©s par l'aigle, le vautour, le chat-huant, et les chauves-souris. Qui habet aures audiat (Saint Matth., XI, 15).
SECTION V.
¬†¬†¬†¬†" J'ai un grand nombre de catapultes et de balistes des anciens Romains, qui sont √† la v√©rit√© vermoulues, mais qui pourraient encore servir pour la montre. J'ai beaucoup d'horloges d'eau dont la moiti√© sont cass√©es; des lampes s√©pulcrales, et le vieux mod√®le en cuivre d'une quinqu√©r√®me; je poss√®de aussi des toges, des pr√©textes, des laticlaves en plomb; et mes pr√©d√©cesseurs ont √©tabli une communaut√© de tailleurs qui font assez mal des robes d'apr√®s ces anciens monuments. A ces causes, √† ce nous mouvants, ou√Į le rapport de notre principal antiquaire, nous ordonnons que tous ces v√©n√©rables usages soient en vigueur √† jamais, et qu'un chacun ait √† se chausser et √† penser dans toute l'√©tendue de nos √©tats comme on se chaussait et comme on pensait du temps de Cnidus Rufillus, propr√©teur de la province √† nous d√©volue par le droit de biens√©ance, etc. "
    On représenta au chauffe-cire qui employait son ministère à sceller cet édit, que tous les engins y spécifiés sont devenus inutiles
    Que l'esprit et les arts se perfectionnent de jour en jour; qu'il faut mener les hommes par les brides qu'ils ont aujourd'hui, et non par celles qu'ils avaient autrefois
    Que personne ne monterait sur les quinquérèmes de son altesse sérénissime
    Que ses tailleurs auraient beau faire des laticlaves, qu'on n'en achèterait pas un seul; et qu'il était digne de sa sagesse de condescendre un peu à la manière de penser actuelle des honnêtes gens de son pays.
    Le chauffe-cire promit d'en parler à un clerc, qui promit de s'en expliquer au référendaire, qui promit d'en dire un mot à son altesse sérénissime quand l'occasion pourrait s'en présenter.
SECTION VI.
Tableau du gouvernement anglais.
    C'est une chose curieuse de voir comment un gouvernement s'établit. Je ne parlerai pas ici du grand Tamerlan, ou Timurleng, parce que je ne sais pas bien précisément quel est le mystère du gouvernement du Grand-Mogol. Mais nous pouvons voir plus clair dans l'administration de l'Angleterre: et j'aime mieux examiner cette administration que celle de l'Inde; attendu qu'on dit qu'il y a des hommes en Angleterre, et point d'esclaves; et que dans l'Inde on trouve, à ce qu'on prétend, beaucoup d'esclaves, et très peu d'hommes.
¬†¬†¬†¬†Consid√©rons d'abord un b√Ętard normand qui se met en t√™te d'√™tre roi d'Angleterre. Il y avait autant de droit que saint Louis en eut depuis sur le Grand-Caire. Mais saint Louis eut le malheur de ne pas commencer par se faire adjuger juridiquement l'√Čgypte en cour de Rome; et Guillaume-le-B√Ętard ne manqua pas de rendre sa cause l√©gitime et sacr√©e, en obtenant du pape Alexandre II un arr√™t qui assurait son bon droit, sans m√™me avoir entendu la partie adverse, et seulement en vertu de ces paroles: " Tout ce que tu auras li√© sur la terre sera li√© dans les cieux. " Son concurrent Harold, roi tr√®s l√©gitime, √©tant ainsi li√© par un arr√™t √©man√© des cieux, Guillaume joignit √† cette vertu du si√©ge universel une vertu un peu plus forte, ce fut la victoire d'Hastings. Il r√©gna donc par le droit du plus fort, ainsi qu'avaient r√©gn√© Pepin et Clovis en France, les Goths et les Lombards en Italie, les Visigoths et ensuite les Arabes en Espagne, les Vandales en Afrique, et tous les rois de ce monde les uns apr√®s les autres.
¬†¬†¬†¬†Il faut avouer encore que notre b√Ętard avait un aussi juste titre que les Saxons et les Danois, qui en avaient poss√©d√© un aussi juste que celui des Romains. Et le titre de tous ces h√©ros √©tait celui des voleurs de grand chemin, ou bien, si vous voulez, celui des renards et des fouines quand ces animaux font des conqu√™tes dans les basses-cours.
¬†¬†¬†¬†Tous ces grands hommes √©taient si parfaitement voleurs de grand chemin, que depuis Romulus jusqu'aux flibustiers, il n'est question que de d√©pouilles opimes, de butin, de pillage, de vaches et de boeufs vol√©s √† main arm√©e. Dans la fable, Mercure vole les vaches d'Apollon; et dans l'Ancien Testament, le proph√®te Isa√Įe donne le nom de voleur au fils que sa femme va mettre au monde, et qui doit √™tre un grand type. Il l'appelle Maher-salal-has-bas, partagez vite les d√©pouilles. Nous avons d√©j√† remarqu√© que les noms de soldat et de voleur √©taient souvent synonymes.
¬†¬†¬†¬†Voil√† bient√īt Guillaume roi de droit divin. Guillaume-le-Roux, qui usurpa la couronne sur son fr√®re a√ģn√©, fut aussi roi de droit divin sans difficult√©; et ce m√™me droit divin appartint apr√®s lui √† Henri, le troisi√®me usurpateur.
    Les barons normands, qui avaient concouru à leurs dépens à l'invasion de l'Angleterre, voulaient des récompenses: il fallut bien leur en donner, les faire grands-vassaux, grands-officiers de la couronne; ils eurent les plus belles terres. Il est clair que Guillaume aurait mieux aimé garder tout pour lui, et faire de tous ces seigneurs ses gardes et ses estafiers; mais il aurait trop risqué. Il se vit donc obligé de partager.
¬†¬†¬†¬†A l'√©gard des seigneurs anglo-saxons, il n'y avait pas moyen de les tuer tous, ni m√™me de les r√©duire tous √† l'esclavage. On leur laissa chez eux la dignit√© de seigneurs ch√Ętelains. Ils relev√®rent des grands-vas-saux normands, qui relevaient de Guillaume.
    Par là tout était contenu dans l'équilibre, jusqu'à la première querelle.
    Et le reste de la nation, que devint-il ? ce qu'étaient devenus presque tous les peuples de l'Europe, des serfs, des vilains.
    Enfin, après la folie des croisades, les princes ruinés vendent la liberté à des serfs de glèbe, qui avaient gagné quelque argent par le travail et par le commerce; les villes sont affranchies; les communes ont des privilèges; les droits des hommes renaissent de l'anarchie même.
    Les barons étaient partout en dispute avec leur roi, et entre eux. La dispute devenait partout une petite guerre intestine, composée de cent guerres civiles. C'est de cet abominable et ténébreux chaos que sortit encore une faible lumière qui éclaira les communes, et qui rendit leur destinée meilleure.
    Les rois d'Angleterre étant eux-mêmes grands-vas-saux de France pour la Normandie, ensuite pour la Guienne et pour d'autres provinces, prirent aisément les usages des rois dont ils relevaient. Les états-généraux furent longtemps composés, comme en France, des barons et des évêques.
¬†¬†¬†¬†La cour de chancellerie anglaise fut une imitation du conseil d'√Čtat auquel le chancelier de France pr√©side. La cour du banc du roi fut cr√©√©e sur le mod√®le du parlement institu√© par Philippe-le-Bel. Les plaids communs √©taient comme la juridiction du ch√Ętelet. La cour de l'√©chiquier ressemblait √† celle des g√©n√©raux des finances, qui est devenue en France la cour des aides.
    La maxime, que le domaine royal est inaliénable, fut encore une imitation visible du gouvernement français.
¬†¬†¬†¬†Le droit du roi d'Angleterre, de faire payer sa ran√ßon par ses sujets, s'il √©tait prisonnier de guerre; celui d'exiger un subside quand il mariait sa fille a√ģn√©e, et quand il faisait son fils chevalier; tout cela rappelait les anciens usages d'un royaume dont Guillaume √©tait le premier vassal.
¬†¬†¬†¬†A peine Philippe-le-Bel a-t-il rappel√© les communes aux √©tats-g√©n√©raux, que le roi d'Angleterre √Čdouard en fait autant pour balancer la grande puissance des barons: car c'est sous le r√®gne de ce prince que la convocation de la chambre des communes est bien constat√©e.
¬†¬†¬†¬†Nous voyons donc, jusqu'√† cette √©poque du quatorzi√®me si√®cle, le gouvernement anglais suivre pas √† pas celui de la France. Les deux √Čglises sont enti√®rement semblables; m√™me assujettissement √† la cour de Rome; m√™mes exactions dont on se plaint, et qu'on finit toujours par payer √† cette cour avide; m√™mes querelles plus ou moins fortes; m√™mes excommunications; m√™mes donations aux moines; m√™me chaos; m√™me m√©lange de rapines sacr√©es, de superstitions et de barbarie.
¬†¬†¬†¬†La France et l'Angleterre ayant donc √©t√© administr√©es si longtemps sur les m√™mes principes, ou plut√īt sans aucun principe, et seulement par des usages tout semblables, d'o√Ļ vient qu'enfin ces deux gouvernements sont devenus aussi diff√©rents que ceux de Maroc et de Venise ?
¬†¬†¬†¬†N'est-ce point que, l'Angleterre √©tant une √ģle, le roi n'a pas besoin d'entretenir continuellement une forte arm√©e de terre, qui serait plut√īt employ√©e contre la nation que contre les √©trangers ?
¬†¬†¬†¬†N'est-ce point qu'en g√©n√©ral les Anglais ont dans l'esprit quelque chose de plus ferme, de plus r√©fl√©chi, de plus opini√Ętre, que quelques autres peuples ?
¬†¬†¬†¬†N'est-ce point par cette raison que, s'√©tant toujours plaints de la cour de Rome, ils en ont enti√®rement secou√© le joug honteux, tandis qu'un peuple plus l√©ger l'a port√© en affectant d'en rire, et en dansant avec ses cha√ģnes ?
    La situation de leur pays, qui leur a rendu la navigation nécessaire, ne leur a-t-elle pas donné aussi des moeurs plus dures ?
¬†¬†¬†¬†Cette duret√© de moeurs, qui a fait de leur √ģle le th√©√Ętre de tant de sanglantes trag√©dies, n'a-t-elle pas contribu√© aussi √† leur inspirer une franchise g√©n√©reuse ?
    N'est-ce pas ce mélange de leurs qualités contraires qui a fait couler tant de sang royal dans les combats et sur les échafauds, et qui n'a jamais permis qu'ils employassent le poison dans leurs troubles civils, tandis qu'ailleurs, sous un gouvernement sacerdotal, le poison était une arme si commune?
    L'amour de la liberté n'est-il pas devenu leur caractère dominant, à mesure qu'ils ont été plus éclairés et plus riches ? Tous les citoyens ne peuvent être également puissants, mais ils peuvent tous être également libres; et c'est ce que les Anglais ont obtenu enfin par leur constance.
    être libre, c'est ne dépendre que des lois. Les Anglais ont donc aimé les lois, comme les pères aiment leurs enfants parce qu'ils les ont faits, ou qu'ils ont cru les faire.
    Un tel gouvernement n'a pu être établi que très tard, parce qu'il a fallu longtemps combattre des puissances respectées: la puissance du pape, la plus terrible de toutes, puisqu'elle était fondée sur le préjugé et sur l'ignorance; la puissance royale, toujours prête à se déborder, et qu'il fallait contenir dans ses bornes; la puissance du baronnage, qui était une anarchie; la puissance des évêques, qui, mêlant toujours le profane au sacré, voulurent l'emporter sur le baronnage et sur les rois.
    Peu à peu la chambre des communes est devenue la digue qui arrête tous ces torrents.
    La chambre des communes est véritablement la nation, puisque le roi, qui est le chef, n'agit que pour lui, et pour ce qu'on appelle sa prérogative; puisque les pairs ne sont en parlement que pour eux; puisque les évêques n'y sont de même que pour eux; mais la chambre des communes y est pour le peuple, puisque chaque membre est député du peuple. Or ce peuple est au roi comme environ huit millions sont à l'unité. Il est aux pairs et aux évêques comme huit millions sont à deux cents tout au plus. Et les huit millions de citoyens libres sont représentés par la chambre basse.
¬†¬†¬†¬†De cet √©tablissement, en comparaison duquel la r√©publique de Platon n'est qu'un r√™ve ridicule, et qui semblerait invent√© par Locke, par Newton, par Halley, ou par Archim√®de, il est n√© des abus affreux, et qui font fr√©mir la nature humaine. Les frottements in√©vitables de cette vaste machine l'ont presque d√©truite du temps de Fairfax et de Cromwell. Le fanatisme absurde s'√©tait introduit dans ce grand √©difice comme un feu d√©vorant qui consume un beau b√Ętiment qui n'est que de bois.
¬†¬†¬†¬†Il a √©t√© reb√Ęti de pierre du temps de Guillaume d'Orange. La philosophie a d√©truit le fanatisme, qui √©branle les √©tats les plus fermes. Il est √† croire qu'une constitution qui a r√©gl√© les droits du roi, des nobles, et du peuple, et dans laquelle chacun trouve sa s√Ľret√©, durera autant que les choses humaines peuvent durer.
    Il est à croire aussi que tous les états qui ne sont pas fondés sur de tels principes éprouveront des révolutions.
¬†¬†¬†¬†Voici √† quoi la l√©gislation anglaise est enfin parvenue: √† remettre chaque homme dans tous les droits de la nature, dont ils sont d√©pouill√©s dans presque toutes les monarchies. Ces droits sont, libert√© enti√®re de sa personne, de ses biens; de parler √† la nation par l'organe de sa plume; de ne pouvoir √™tre jug√© en mati√®re criminelle que par un jury form√© d'hommes ind√©pendants; de ne pouvoir √™tre jug√© en aucun cas que suivant les termes pr√©cis de la loi; de professer en paix quelque religion qu'on veuille, en renon√ßant aux emplois dont les seuls anglicans peuvent √™tre pourvus. Cela s'appelle des pr√©rogatives. Et en effet, c'est une tr√®s grande et tr√®s heureuse pr√©rogative par-dessus tant de nations, d'√™tre s√Ľr en vous couchant que vous vous r√©veillerez le lendemain avec la m√™me fortune que vous poss√©diez la veille; que vous ne serez pas enlev√© des bras de votre femme, de vos enfants, au milieu de la nuit, pour √™tre conduit dans un donjon ou dans un d√©sert; que vous aurez, en sortant du sommeil, le pouvoir de publier tout ce que vous pensez; que si vous √™tes accus√©, soit pour avoir mal agi, ou mal parl√©, ou mal √©crit, vous ne serez jug√© que suivant la loi. Cette pr√©rogative s'√©tend sur tout ce qui aborde en Angleterre. Un √©tranger y jouit de la m√™me libert√© de ses biens et de sa personne; et s'il est accus√©, il peut demander que la moiti√© des jur√©s soit compos√©e d'√©trangers.
¬†¬†¬†¬†J'ose dire que si on assemblait le genre humain pour faire des lois, c'est ainsi qu'on les ferait pour sa s√Ľret√©. Pourquoi donc ne sont-elles pas suivies dans les autres pays ? n'est-ce pas demander pourquoi les cocos m√Ľrissent aux Indes et ne r√©ussissent point √† Rome ? Vous r√©pondez que ces cocos n'ont pas toujours m√Ľri en Angleterre; qu'ils n'y ont √©t√© cultiv√©s que depuis peu de temps; que la Su√®de en a √©lev√© √† son exemple pendant quelques ann√©es, et qu'ils n'ont pas r√©ussi; que vous pourriez faire venir de ces fruits dans d'autres provinces, par exemple en Bosnie, en Servie. Essayez donc d'en planter.
¬†¬†¬†¬†Et surtout, pauvre homme, si vous √™tes bacha, effendi ou mollah, ne soyez pas assez imb√©cilement barbare pour resserrer les cha√ģnes de votre nation. Songez que plus vous appesantirez le joug, plus vos enfants, qui ne seront pas tous bachas, seront esclaves. Quoi ! malheureux, pour le plaisir d'√™tre tyran subalterne pendant quelques jours, vous exposez toute votre post√©rit√© √† g√©mir dans les fers ! Oh qu'il est aujourd'hui de distance entre un Anglais et un Bosniaque !
SECTION VII.
SECTION VIII.
¬†¬†¬†¬†Vous savez, mon cher lecteur, qu'en Espagne, vers les c√ītes de Malaga, on d√©couvrit du temps de Philippe II une petite peuplade jusqu'alors inconnue, cach√©e au milieu des montagnes de las Alpuxarras; vous savez que cette cha√ģne de rochers inaccessibles est entrecoup√©e de vall√©es d√©licieuses; vous n'ignorez pas que ces vall√©es sont cultiv√©es encore aujourd'hui par des descendants des Maures, qu'on a forc√©s pour leur bonheur √† √™tre chr√©tiens, ou du moins √† le para√ģtre.
    Parmi ces Maures, comme je vous le disais, il y avait sous Philippe II une nation peu nombreuse qui habitait une vallée, à laquelle on ne pouvait parvenir que par des cavernes. Cette vallée est entre Pitos et Portugos; les habitants de ce séjour ignoré étaient presque inconnus des Maures mêmes; ils parlaient une langue qui n'était ni l'espagnole, ni l'arabe, et qu'on crut être dérivée de l'ancien carthaginois.
    Cette peuplade s'était peu multipliée. On a prétendu que la raison en était que les Arabes leurs voisins, et avant eux les Africains, venaient prendre les filles de ce canton.
¬†¬†¬†¬†Ce peuple ch√©tif, mais heureux, n'avait jamais entendu parler de la religion chr√©tienne, ni de la juive; connaissait m√©diocrement celle de Mahomet, et n'en faisait aucun cas. Il offrait de temps imm√©morial du lait et des fruits √† une statue d'Hercule: c'√©tait l√† toute sa religion. Du reste, ces hommes ignor√©s vivaient dans l'indolence et dans l'innocence. Un familier de l'inquisition les d√©couvrit enfin. Le grand-inquisiteur les fit tous br√Ľler; c'est le seul √©v√©nement de leur histoire.
¬†¬†¬†¬†Les motifs sacr√©s de leur condamnation furent qu'ils n'avaient jamais pay√© d'imp√īt, attendu qu'on ne leur en avait jamais demand√©, et qu'ils ne connaissaient point la monnaie; qu'ils n'avaient point de bible, vu qu'ils n'entendaient point le latin; et que personne n'avait pris la peine de les baptiser. On les d√©clara sorciers et h√©r√©tiques; ils furent tous rev√™tus du san-benito, et grill√©s en c√©r√©monie.
    Il est clair que c'est ainsi qu'il faut gouverner les hommes: rien ne contribue davantage aux douceurs de la société.

Dictionnaire philosophique de Voltaire. 2014.

Regardez d'autres dictionnaires:

  • GOUVERNEMENT ‚ÄĒ ¬ęLe gouvernement de plusieurs n‚Äôest pas bon. N‚Äôayons qu‚Äôun seul ma√ģtre, un seul roi, celui auquel le fils de Chronos a donn√© le sceptre et les lois tut√©laires.¬Ľ Ainsi, dans L‚ÄôIliade, vers le IXe si√®cle avant J. C., Hom√®re d√©finit il le syst√®me… ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • Gouvernement 1+4 ‚ÄĒ Gouvernement de transition (Congo Kinshasa) Le Gouvernement de transition de la R√©publique d√©mocratique du Congo est une institution mise en place depuis le 30 juin 2003. Il s agit d un gouvernement d union nationale √©tabli suite aux… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • gouvernement ‚ÄĒ Gouvernement, Gubernatio, Magisterium, Moderatio, Rectio, Regimen. Le gouvernement de la ville, Curatio vrbis. Ceux qui ont le gouvernement des choses, Principes, et rerum potentes, Bud. Le fait et gouvernement d une Rep. Politia. Le gouvernement ‚Ķ   Thresor de la langue fran√ßoyse

  • gouvernement ‚ÄĒ Gouvernement. s. m. v. La Charge de Gouverneur dans une province, dans une ville, dans une place forte. Le Roy luy a donn√© le Gouvernement de Normandie. le Gouvernement d une telle place. son Gouvernement luy vaut tant. Il signifie aussi, La… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie fran√ßaise

  • Gouvernement ‚ÄĒ (fr., spr. Guwern mang), 1) die von dem Herrscher ertheilte Macht u. Gewalt, in seinem Namen einen Theil des Landes zu regieren; der diese Gewalt vertretende Beamte hei√üt Gouverneur (spr. Guwern√∂hr), u. zwar wenn er nur dem Milit√§rwesen einer… ‚Ķ   Pierer's Universal-Lexikon

  • Gouvernement ‚ÄĒ (franz., spr. guw√§rn mńĀng), Regierung, Regierungsgewalt; oberste Milit√§rbeh√∂rde einzelner gro√üer Festungen und der Stadt Berlin; Gouvernementsauditeur, s. Garnisongericht. In Ru√üland ist G. soviel wie Provinz, deren Verwaltung von einem… ‚Ķ   Meyers Gro√ües Konversations-Lexikon

  • Gouvernement ‚ÄĒ (frz., spr. guwern m√°ng), Regierung; Regierungsbezirk oder Provinz (s. auch Gubernija); gouvernementńĀl, der Regierung huldigend, von ihr abh√§ngig ‚Ķ   Kleines Konversations-Lexikon

  • Gouvernement ‚ÄĒ Gouvernement,das:‚á®Bezirk(1) ‚Ķ   Das W√∂rterbuch der Synonyme

  • Gouvernement ‚ÄĒ ¬†¬†¬†¬† ¬†¬†¬†¬†ARISTOPHANE ¬†¬†¬†¬†Bio express : Auteur comique grec ( 450/ 386) ¬†¬†¬†¬†¬ęTu as tout ce qu il faut pour entra√ģner la populace, voix terrible, naturel pervers, impudence de halle ; tu as toutes les qualit√©s n√©cessaires pour le gouvernement.¬Ľ… ‚Ķ   Dictionnaire des citations politiques

  • gouvernement ‚ÄĒ (gou v√®r ne man) s. m. 1¬į¬†¬†¬†Action de gouverner, de r√©gir. Le gouvernement d une banque, d un m√©nage. ‚Äʬ†¬†¬†La sage abbesse, qui la crut capable de soutenir sa r√©forme, la destinait au gouvernement [de l abbaye de Sainte Fare], BOSSUET Anne de Gonz ‚Ķ   Dictionnaire de la Langue Fran√ßaise d'√Čmile Littr√©

  • GOUVERNEMENT ‚ÄĒ s. m. Action, charge, ou mani√®re de gouverner, de r√©gir, d administrer. Le gouvernement d un √Čtat. Se reposer des fatigues du gouvernement. Pendant la dur√©e de son gouvernement, pendant son gouvernement. Sous son gouvernement. Gouvernement doux.… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.