FANATISME

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FANATISME
SECTION PREMI√ąRE.
    C'est l'effet d'une fausse conscience qui asservit la religion aux caprices de l'imagination et aux déréglements des passions.
¬†¬†¬†¬†En g√©n√©ral, il vient de ce que les l√©gislateurs ont eu des vues trop √©troites, ou de ce qu'on a pass√© les bornes qu'ils se prescrivaient. Leurs lois n'√©taient faites que pour une soci√©t√© choisie. √Čtendues par le z√®le √† tout un peuple, et transport√©es par l'ambition d'un climat √† l'autre, elles devaient changer et s'accommoder aux circonstances des lieux et des personnes. Mais qu'est-il arriv√© ? c'est que certains esprits d'un caract√®re plus proportionn√© √† celui du petit troupeau pour lequel elles avaient √©t√© faites, les ont re√ßues avec la m√™me chaleur, en sont devenus les ap√ītres et m√™me les martyrs, plut√īt que de d√©mordre d'un seul iota. Les autres, au contraire, moins ardents, ou plus attach√©s √† leurs pr√©jug√©s d'√©ducation, ont lutt√© contre le nouveau joug, et n'ont consenti √† l'embrasser qu'avec des adoucissements; et de l√† le schisme entre les rigoristes et les mitig√©s, qui les rend tous furieux, les uns pour la servitude et les autres pour la libert√©.
¬†¬†¬†¬†Imaginons une immense rotonde, un panth√©on √† mille autels; et, plac√©s au milieu du d√īme, figurons-nous un d√©vot de chaque secte, √©teinte ou subsistante, aux pieds de la divinit√© qu'il honore √† sa fa√ßon, sous toutes les formes bizarres que l'imagination a pu cr√©er. A droite, c'est un contemplatif √©tendu sur une natte, qui attend, le nombril en l'air, que la lumi√®re c√©leste vienne investir son √Ęme. A gauche, c'est un √©nergum√®ne prostern√© qui frappe du front contre la terre, pour en faire sortir l'abondance. L√†, c'est un saltimbanque qui danse sur la tombe de celui qu'il invoque. Ici, c'est un p√©nitent immobile et muet comme la statue devant laquelle il s'humilie. L'un √©tale ce que la pudeur cache, parce que Dieu ne rougit pas de sa ressemblance; l'autre voile jusqu'√† son visage, comme si l'ouvrier avait horreur de son ouvrage. Un autre tourne le dos au midi, parce que c'est l√† le vent du d√©mon; un autre tend les bras vers l'orient, o√Ļ Dieu montre sa face rayonnante. De jeunes filles en pleurs meurtrissent leur chair encore innocente, pour apaiser le d√©mon de la concupiscence par des moyens capables de l'irriter; d'autres, dans une posture tout oppos√©e, sollicitent les approches de la Divinit√©. Un jeune homme, pour amortir l'instrument de la virilit√©, y attache des anneaux de fer d'un poids proportionn√© √† ses forces; un autre arr√™te la tentation d√®s sa source, par une amputation tout-√†-fait inhumaine, et suspend √† l'autel les d√©pouilles de son sacrifice.
¬†¬†¬†¬†Voyons-les tous sortir du temple, et, pleins du dieu qui les agite, r√©pandre la frayeur et l'illusion sur la face de la terre. Ils se partagent le monde, et bient√īt le feu s'allume aux quatre extr√©mit√©s; les peuples √©coutent, et les rois tremblent. Cet empire que l'enthousiasme d'un seul exerce sur la multitude qui le voit ou l'entend, la chaleur que les esprits rassembl√©s se communiquent, tous ces mouvements tumultueux, augment√©s par le trouble de chaque particulier, rendent en peu de temps le vertige g√©n√©ral. C'est assez d'un seul peuple enchant√© √† la suite de quelques imposteurs, la s√©duction multipliera les prodiges, et voil√† tout le monde √† jamais √©gar√©. L'esprit humain, une fois sorti des routes lumineuses de la nature, n'y rentre plus; il erre autour de la v√©rit√©, sans en rencontrer autre chose que des lueurs, qui, se m√™lant aux fausses clart√©s dont la superstition l'environne, ach√®vent de l'enfoncer dans les t√©n√®bres.
¬†¬†¬†¬†Il est affreux de voir comment l'opinion d'apaiser le ciel par le massacre, une fois introduite, s'est universellement r√©pandue dans presque toutes les religions, et combien on a multipli√© les raisons de ce sacrifice, afin que personne ne p√Ľt √©chapper au couteau. Tant√īt ce sont des ennemis qu'il faut immoler √† Mars exterminateur: les Scythes √©gorgent √† ses autels le centi√®me de leurs prisonniers; et par cet usage de la victoire on peut juger de la justice de la guerre: aussi chez d'autres peuples ne la faisait-on que pour avoir de quoi fournir aux sacrifices; de sorte qu'ayant d'abord √©t√© institu√©s, ce semble, pour en expier les horreurs, ils servirent enfin √† les justifier.
¬†¬†¬†¬†Tant√īt ce sont des hommes justes qu'un Dieu barbare demande pour victimes: les G√®tes se disputent l'honneur d'aller porter √† Zamolxis les voeux de la patrie. Celui qu'un heureux sort destine au sacrifice est lanc√© √† force de bras sur des javelots dress√©s: s'il re√ßoit un coup mortel en tombant sur les piques, c'est de bon augure pour le succ√®s de la n√©gociation et pour le m√©rite du d√©put√©; mais s'il survit √† sa blessure, c'est un m√©chant dont le dieu n'a point affaire.
¬†¬†¬†¬†Tant√īt ce sont des enfants √† qui les dieux redemandent une vie qu'ils viennent de leur donner: justice affam√©e du sang de l'innocence, dit Montaigne. Tant√īt c'est le sang le plus cher: les Carthaginois immolent leurs propres fils √† Saturne, comme si le temps ne les d√©vorait pas assez t√īt. Tant√īt c'est le sang le plus beau: cette m√™me Amestris qui avait fait enfouir douze hommes vivants dans la terre pour obtenir de Pluton, par cette offrande, une plus longue vie; cette Amestris sacrifie encore √† cette insatiable divinit√© quatorze jeunes enfants des premi√®res maisons de la Perse, parce que les sacrificateurs ont toujours fait entendre aux hommes qu'ils devaient offrir √† l'autel ce qu'ils avaient de plus pr√©cieux. C'est sur ce principe que, chez quelques nations, on immolait les premiers-n√©s, et que chez d'autres on les rachetait par des offrandes plus utiles aux ministres du sacrifice. C'est ce qui autorisa sans doute en Europe la pratique de quelques si√®cles, de vouer les enfants au c√©libat d√®s l'√Ęge de cinq ans, et d'emprisonner dans le clo√ģtre les fr√®res du prince h√©ritier, comme on les √©gorge en Asie.
¬†¬†¬†¬†Tant√īt c'est le sang le plus pur: n'y a-t-il pas des Indiens qui exercent l'hospitalit√© envers tous les hommes, et qui se font un m√©rite de tuer tout √©tranger vertueux et savant qui passera chez eux, afin que ses vertus et ses talents leur demeurent ? Tant√īt c'est le sang le plus sacr√©: chez la plupart des idol√Ętres, ce sont les pr√™tres qui font la fonction des bourreaux √† l'autel; et chez les Sib√©riens on tue les pr√™tres, pour les envoyer prier dans l'autre monde √† l'intention du peuple.
¬†¬†¬†¬†Mais voici d'autres fureurs et d'autres spectacles. Toute l'Europe passe en Asie par un chemin inond√© du sang des Juifs, qui s'√©gorgent de leurs propres mains pour ne pas tomber sous le fer de leurs ennemis. Cette √©pid√©mie d√©peuple la moiti√© du monde habit√©; rois, pontifes, femmes, enfants et vieillards, tout c√®de au vertige sacr√© qui fait √©gorger pendant deux si√®cles des nations innombrables sur le tombeau d'un Dieu de paix. C'est alors qu'on vit des oracles menteurs, des ermites guerriers; les monarques dans les chaires et les pr√©lats dans les camps; tous les √©tats se perdre dans une populace insens√©e; les montagnes et les mers franchies; de l√©gitimes possessions abandonn√©es pour voler √† des conqu√™tes qui n'√©taient plus la terre promise; les moeurs se corrompre sous un ciel √©tranger; des princes, apr√®s avoir d√©pouill√© leurs royaumes pour racheter un pays qui ne leur avait jamais appartenu, achever de les ruiner pour leur ran√ßon personnelle; des milliers de soldats √©gar√©s sous plusieurs chefs, n'en reconna√ģtre aucun, h√Ęter leur d√©faite par la d√©fection; et cette maladie ne finir que pour faire place √† une contagion encore plus horrible.
¬†¬†¬†¬†Le m√™me esprit de fanatisme entretenait la fureur des conqu√™tes √©loign√©es: √† peine l'Europe avait r√©par√© ses pertes, que la d√©couverte d'un nouveau monde h√Ęta la ruine du n√ītre. A ce terrible mot, Allez et forcez, l'Am√©rique fut d√©sol√©e et ses habitants extermin√©s; l'Afrique et l'Europe s'√©puis√®rent en vain pour la repeupler; le poison de l'or et du plaisir ayant √©nerv√© l'esp√®ce, le monde se trouva d√©sert, et fut menac√© de le devenir tous les jours davantage par les guerres continuelles qu'alluma sur notre continent l'ambition de s'√©tendre dans ces √ģles √©trang√®res.
¬†¬†¬†¬†Comptons maintenant les milliers d'esclaves que le fanatisme a faits, soit en Asie, o√Ļ l'incirconcision √©tait une tache d'infamie; soit en Afrique, o√Ļ le nom de chr√©tien √©tait un crime; soit en Am√©rique, o√Ļ le pr√©texte du bapt√™me √©touffa l'humanit√©. Comptons les milliers d'hommes que l'on a vus p√©rir ou sur les √©chafauds dans les si√®cles de pers√©cution, ou dans les guerres civiles par la main de leurs concitoyens, ou de leurs propres mains par des mac√©rations excessives. Parcourons la surface de la terre, et apr√®s avoir vu d'un coup d'oeil tant d'√©tendards d√©ploy√©s au nom de la religion, en Espagne contre les Maures, en France contre les Turcs, en Hongrie contre les Tartares; tant d'ordres militaires fond√©s pour convertir les infid√®les √† coups d'√©p√©e, s'entr'√©gorger aux pieds de l'autel qu'ils devaient d√©fendre, d√©tournons nos regards de ce tribunal affreux √©lev√© sur le corps des innocents et des malheureux pour juger les vivants comme Dieu jugera les morts, mais avec une balance bien diff√©rente.
¬†¬†¬†¬†En un mot, toutes les horreurs de quinze si√®cles renouvel√©es plusieurs fois dans un seul, des peuples sans d√©fense √©gorg√©s aux pieds des autels, des rois poignard√©s ou empoisonn√©s, un vaste √Čtat r√©duit √† sa moiti√© par ses propres citoyens, la nation la plus belliqueuse et la plus pacifique divis√©e d'avec elle-m√™me, le glaive tir√© entre le fils et le p√®re, des usurpateurs, des tyrans, des bourreaux, des parricides et des sacril√®ges, violant toutes les conventions divines et humaines par esprit de religion: voil√† l'histoire du fanatisme et ses exploits.
SECTION II.
    Si cette expression tient encore à son origine, ce n'est que par un filet bien mince.
    Fanaticus était un titre honorable; il signifiait desservant ou bienfaiteur d'un temple. Les antiquaires, comme le dit le Dictionnaire de Trévoux, ont retrouvé des inscriptions dans lesquelles des Romains considérables prenaient ce titre de fanaticus.
¬†¬†¬†¬†Dans la harangue de Cic√©ron pro domo sua, il y a un passage o√Ļ le mot fanaticus me para√ģt difficile √† expliquer. Le s√©ditieux et d√©bauch√© Clodius, qui avait fait exiler Cic√©ron pour avoir sauv√© la r√©publique, non seulement avait pill√© et d√©moli les maisons de ce grand homme; mais, afin que Cic√©ron ne p√Ľt jamais rentrer dans sa maison de Rome, il en avait consacr√© le terrain, et les pr√™tres y avaient b√Ęti un temple √† la Libert√©, ou plut√īt √† l'esclavage dans lequel C√©sar, Pomp√©e, Crassus, et Clodius, tenaient alors la r√©publique: tant la religion, dans tous les temps, a servi √† pers√©cuter les grands hommes !
¬†¬†¬†¬†Lorsque enfin, dans un temps plus heureux, Cic√©ron fut rappel√©, il plaida devant le peuple pour obtenir que le terrain de sa maison lui f√Ľt rendu, et qu'on la reb√Ęt√ģt aux frais du peuple romain. Voici comme il s'exprime dans son plaidoyer contre Clodius (Oratio pro domo sua, cap. XL):
    " Adspicite, adspicite, pontifices, hominem religiosum, et,.... monete eum, modum quemdam esse religionis: nimium esse superstitiosum non oportere. Quid tibi necesse fuit anili superstitione, homo fanatice, sacrificium, quod alienae domi fieret, invisere ? "
    Le mot fanaticus signifie-t-il en cette place insensé fanatique, impitoyable fanatique, abominable fanatique, comme on l'entend aujourd'hui ? ou bien signifie-t-il pieux, consécrateur, homme religieux, dévot zélateur des temples ? ce mot est-il ici une injure ou une louange ironique ? je n'en sais pas assez pour décider, mais je vais traduire.
    " Regardez, pontifes, regardez cet homme religieux,.... avertissez-le que la religion même a ses bornes, qu'il ne faut pas être si scrupuleux. Quel besoin, vous consécrateur, vous fanatique, quel besoin avez-vous de recourir à des superstitions de vieille, pour assister à un sacrifice qui se faisait dans une maison étrangère ? "
    Cicéron fait ici allusion aux mystères de la bonne déesse, que Clodius avait profanés en se glissant déguisé en femme avec une vieille, pour entrer dans la maison de César et pour y coucher avec sa femme: c'est donc ici évidemment une ironie.
¬†¬†¬†¬†Cic√©ron appelle Clodius homme religieux; l'ironie doit donc √™tre soutenue dans tout ce passage. Il se sert de termes honorables pour mieux faire sentir la honte de Clodius. Il me para√ģt donc qu'il emploie le mot fanatique comme un mot honorable, comme un mot qui emporte avec lui l'id√©e de cons√©crateur, de pieux, de z√©l√© desservant d'un temple.
    On put depuis donner ce nom à ceux qui se crurent inspirés par les dieux.
    Les dieux à leur interprète
    Ont fait un étrange don:
    Ne peut-on être prophète
    Sans qu'on perde la raison ?
¬†¬†¬†¬†Le m√™me Dictionnaire de Tr√©voux dit que les anciennes chroniques de France appellent Clovis fanatique et pa√Įen. Le lecteur d√©sirerait qu'on nous e√Ľt d√©sign√© ces chroniques. Je n'ai point trouv√© cette √©pith√®te de Clovis dans le peu de livres que j'ai vers le mont Krapack o√Ļ je demeure.
    On entend aujourd'hui par fanatisme une folie religieuse, sombre et cruelle. C'est une maladie de l'esprit qui se gagne comme la petite-vérole. Les livres la communiquent beaucoup moins que les assemblées et les discours. On s'échauffe rarement en lisant: car alors on peut avoir le sens rassis. Mais quand un homme ardent et d'une imagination forte parle à des imaginations faibles, ses yeux sont en feu, et ce feu se communique; ses tons, ses gestes, ébranlent tous les nerfs des auditeurs. Il crie: Dieu vous regarde, sacrifiez ce qui n'est qu'humain; combattez les combats du Seigneur: et on va combattre.
    Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère.
¬†¬†¬†¬†Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des r√©alit√©s, et ses imaginations pour des proph√©ties, est un fanatique novice qui donne de grandes esp√©rances; il pourra bient√īt tuer pour l'amour de Dieu.
    Barthélemi Diaz fut un fanatique profès. Il avait à Nuremberg un frère, Jean Diaz, qui n'était encore qu'enthousiaste luthérien, vivement convaincu que le pape est l'antechrist, ayant le signe de la bête. Barthélemi, encore plus vivement persuadé que le pape est Dieu en terre, part de Rome pour aller convertir ou tuer son frère: il l'assassine; voilà du parfait: et nous avons ailleurs rendu justice à ce Diaz.
    Polyeucte, qui va au temple, dans un jour de solennité, renverser et casser les statues et les ornements, est un fanatique moins horrible que Diaz, mais non moins sot. Les assassins du duc François de Guise, de Guillaume prince d'Orange, du roi Henri III, du roi Henri IV, et de tant d'autres, étaient des énergumènes malades de la même rage que Diaz.
    Le plus grand exemple de fanatisme est celui des bourgeois de Paris qui coururent assassiner, égorger, jeter par les fenêtres, mettre en pièces, la nuit de la Saint-Barthélemi, leurs concitoyens qui n'allaient point à la messe. Guyon, Patouillet, Chaudon, Nonotte, l'ex-jésuite Paulian, ne sont que des fanatiques du coin de la rue, des misérables à qui on ne prend pas garde: mais un jour de Saint-Barthélemi ils feraient de grandes choses.
    Il y a des fanatiques de sang-froid: ce sont les juges qui condamnent à la mort ceux qui n'ont d'autre crime que de ne pas penser comme eux; et ces juges-là sont d'autant plus coupables, d'autant plus dignes de l'exécration du genre humain, que, n'étant pas dans un accès de fureur comme les Clément, les Chastel, les Ravaillac, les Damiens, il semble qu'ils pourraient écouter la raison.
¬†¬†¬†¬†Il n'est d'autre rem√®de √† cette maladie √©pid√©mique que l'esprit philosophique, qui, r√©pandu de proche en proche, adoucit enfin les moeurs des hommes, et qui pr√©vient les acc√®s du mal; car d√®s que ce mal fait des progr√®s, il faut fuir et attendre que l'air soit purifi√©. Les lois et la religion ne suffisent pas contre la peste des √Ęmes; la religion, loin d'√™tre pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infect√©s. Ces mis√©rables ont sans cesse pr√©sent √† l'esprit l'exemple d'Aod qui assassine le roi √Čglon; de Judith qui coupe la t√™te d'Holopherne en couchant avec lui; de Samuel qui hache en morceaux le roi Agag; du pr√™tre Joad qui assassine sa reine √† la porte aux chevaux, etc., etc., etc. Ils ne voient pas que ces exemples, qui sont respectables dans l'antiquit√©, sont abominables dans le temps pr√©sent: ils puisent leurs fureurs dans la religion m√™me qui les condamne.
    Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage: c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre.
¬†¬†¬†¬†Que r√©pondre √† un homme qui vous dit qu'il aime mieux ob√©ir √† Dieu qu'aux hommes, et qui en cons√©quence est s√Ľr de m√©riter le ciel en vous √©gorgeant ?
¬†¬†¬†¬†Lorsqu'une fois le fanatisme a gangr√©n√© un cerveau, la maladie est presque incurable. J'ai vu des convulsionnaires qui, en parlant des miracles de saint P√Ęris, s'√©chauffaient par degr√©s parmi eux; leurs yeux s'enflammaient, tout leur corps tremblait, la fureur d√©figurait leur visage, et ils auraient tu√© quiconque les e√Ľt contredits.
    Oui, je les ai vus ces convulsionnaires, je les ai vus tordre leurs membres et écumer. Ils criaient, Il faut du sang. Ils sont parvenus à faire assassiner leur roi par un laquais , et ils ont fini par ne crier que contre les philosophes.
¬†¬†¬†¬†Ce sont presque toujours les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains; ils ressemblent √† ce Vieux de la montagne qui faisait, dit-on, go√Ľter les joies du paradis √† des imb√©ciles, et qui leur promettait une √©ternit√© de ces plaisirs dont il leur avait donn√© un avant-go√Ľt, √† condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait. Il n'y a eu qu'une seule religion dans le monde qui n'ait pas √©t√© souill√©e par le fanatisme,
¬†¬†¬†¬†c'est celle des lettr√©s de la Chine. Les sectes des philosophes √©taient non seulement exemptes de cette peste, mais elles en √©taient le rem√®de; car l'effet de la philosophie est de rendre l'√Ęme tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillit√©. Si notre sainte religion a √©t√© si souvent corrompue par cette fureur infernale, c'est √† la folie des hommes qu'il faut s'en prendre.
    Ainsi du plumage qu'il eut
    Icare pervertit l'usage:
    Il le reçut pour son salut,
    Il s'en servit pour son dommage.
    BERTAUD, évêque de Séez.
SECTION III.
    Les fanatiques ne combattent pas toujours les combats du Seigneur; ils n'assassinent pas toujours des rois et des princes. Il y a parmi eux des tigres, mais on y voit encore plus de renards.
    Quel tissu de fourberies, de calomnies, de larcins, tramé par les fanatiques de la cour de Rome contre les fanatiques de la cour de Calvin; des jésuites contre les jansénistes, et vicissim ! et si vous remontez plus haut, l'histoire ecclésiastique, qui est l'école des vertus, est aussi celle des scélératesses employées par toutes les sectes les unes contre les autres. Elles ont toutes le même bandeau sur les yeux, soit quand il faut incendier les villes et les bourgs de leurs adversaires, égorger les habitants, les condamner aux supplices, soit quand il faut simplement tromper, s'enrichir, et dominer. Le même fanatisme les aveugle; elles croient bien faire: tout fanatique est fripon en conscience, comme il est meurtrier de bonne foi pour la bonne cause.
    Lisez, si vous pouvez, les cinq ou six mille volumes de reproches que les jansénistes et les molinistes se sont faits pendant cent ans sur leurs friponneries, et voyez si Scapin et Trivelin en approchent.
    Une des bonnes friponneries théologiques qu'on ait faites est, à mon gré, celle d'un petit évêque (on nous assure dans la relation que c'était un évêque biscayen; nous trouverons bien un jour son nom et son évêché); son diocèse était partie en Biscaye, et partie en France.
    Il y avait dans la partie de France une paroisse qui fut habitée autrefois par quelques Maures de Maroc. Le seigneur de la paroisse n'est point mahométan; il est très bon catholique comme tout l'univers doit l'être, attendu que le mot catholique veut dire universel.
    M. l'évêque soupçonna ce pauvre seigneur, qui n'était occupé qu'à faire du bien, d'avoir eu de mauvaises pensées, de mauvais sentiments dans le fond de son coeur, je ne sais quoi qui sentait l'hérésie. Il l'accusa même d'avoir dit en plaisantant qu'il y avait d'honnêtes gens à Maroc comme en Biscaye, et qu'un honnête Marocain pouvait à toute force n'être pas le mortel ennemi de l'être suprême, qui est le père de tous les hommes.
¬†¬†¬†¬†Notre fanatique √©crivit une grande lettre au roi de France, seigneur suzerain de ce pauvre petit seigneur de paroisse. Il pria dans sa lettre le seigneur suzerain de transf√©rer le manoir de cette ouaille infid√®le en Basse-Bretagne ou en Basse-Normandie, selon le bon plaisir de sa majest√©, afin qu'il n'infect√Ęt plus les Basques de ses mauvaises plaisanteries.
    Le roi de France et son conseil se moquèrent, comme de raison, de cet extravagant.
¬†¬†¬†¬†Notre pasteur biscayen, ayant appris quelque temps apr√®s que sa brebis fran√ßaise √©tait malade, d√©fendit au porte-Dieu du canton de la communier, √† moins qu'elle ne donn√Ęt un billet de confession par lequel il devait appara√ģtre que le mourant n'√©tait point circoncis, qu'il condamnait de tout son coeur l'h√©r√©sie de Mahomet, et toute autre h√©r√©sie dans ce go√Ľt, comme le calvinisme et le jans√©nisme, et qu'il pensait en tout comme lui √©v√™que biscayen.
¬†¬†¬†¬†Les billets de confession √©taient alors fort √† la mode. Le mourant fit venir chez lui son cur√© qui √©tait un ivrogne imb√©cile, et le mena√ßa de le faire pendre par le parlement de Bordeaux, s'il ne lui donnait pas tout-√†-l'heure le viatique, dont lui mourant se sentait un extr√™me besoin. Le cur√© eut peur; il administra mon homme, lequel, apr√®s la c√©r√©monie, d√©clara hautement devant t√©moins que le pasteur biscayen l'avait faussement accus√© aupr√®s du roi d'avoir du go√Ľt pour la religion musulmane, qu'il √©tait bon chr√©tien, et que le Biscayen √©tait un calomniateur. Il signa cet √©crit par-devant notaire; tout fut en r√®gle; il s'en porta mieux, et le repos de la bonne conscience le gu√©rit bient√īt enti√®rement.
¬†¬†¬†¬†Le petit Biscayen, outr√© qu'un vieux moribond se f√Ľt moqu√© de lui, r√©solut de s'en venger; et voici comme il s'y prit.
¬†¬†¬†¬†Il fit fabriquer en son patois, au bout de quinze jours, une pr√©tendue profession de foi que le cur√© pr√©tendit avoir entendue. On la fit signer par le cur√©, et par trois ou quatre paysans qui n'avaient point assist√© √† la c√©r√©monie. Ensuite on fit contr√īler cet acte de faussaire, comme si ce contr√īle l'avait rendu authentique.
    Un acte non signé par la partie seule intéressée, un acte signé par des inconnus, quinze jours après l'événement, un acte désavoué par des témoins véritables, était visiblement un crime de faux; et comme il s'agissait de matière de foi, ce crime menait visiblement le curé avec ses faux témoins aux galères dans ce monde, et en enfer dans l'autre.
¬†¬†¬†¬†Le petit seigneur ch√Ętelain, qui √©tait goguenard et point m√©chant, eut piti√© de l'√Ęme et du corps de ces mis√©rables; il ne voulut point les traduire devant la justice humaine, et se contenta de les traduire en ridicule. Mais il a d√©clar√© que d√®s qu'il serait mort, il se donnerait le plaisir de faire imprimer toute cette manoeuvre de son Biscayen avec les preuves, pour amuser le petit nombre de lecteurs qui aiment ces anecdotes, et point du tout pour instruire l'univers: car il y a tant d'auteurs qui parlent √† l'univers, qui s'imaginent rendre l'univers attentif, qui croient l'univers occup√© d'eux, que celui-ci ne croit pas √™tre lu d'une douzaine de personnes dans l'univers entier. Revenons au fanatisme.
¬†¬†¬†¬†C'est cette rage de pros√©lytisme, cette fureur d'amener les autres √† boire de son vin, qui amena le j√©suite Castel et le j√©suite Routh aupr√®s du c√©l√®bre Montesquieu lorsqu'il se mourait. Ces deux √©nergum√®nes voulaient se vanter de lui avoir persuad√© les m√©rites de l'attrition et de la gr√Ęce suffisante. Nous l'avons converti, disaient-ils; c'√©tait dans le fond une bonne √Ęme; il aimait fort la Compagnie de J√©sus. Nous avons eu un peu de peine √† le faire convenir de certaines v√©rit√©s fondamentales; mais comme dans ces moments-l√† on a toujours l'esprit plus net, nous l'avons bient√īt convaincu.
¬†¬†¬†¬†Ce fanatisme de convertisseur est si fort, que le moine le plus d√©bauch√© quitterait sa ma√ģtresse pour aller convertir une √Ęme √† l'autre bout de la ville.
    Nous avons vu le P. Poisson, cordelier à Paris, qui ruina son couvent pour payer ses filles de joie, et qui fut enfermé pour ses moeurs dépravées: c'était un des prédicateurs de Paris les plus courus, et un des convertisseurs les plus acharnés.
    Tel était le célèbre curé de Versailles Fantin. Cette liste pourrait être longue; mais il ne faut pas révéler les fredaines de certaines personnes constituées en certaines places. Vous savez ce qui arriva à Cham pour avoir révélé la turpitude de son père; il devint noir comme du charbon.
    Prions Dieu seulement en nous levant et en nous couchant qu'il nous délivre des fanatiques, comme les pélerins de la Mecque prient Dieu de ne point rencontrer de visages tristes sur leur chemin.
SECTION IV.
¬†¬†¬†¬†Ludlow, enthousiaste de la libert√© plut√īt que fanatique de religion, ce brave homme qui avait plus de haine pour Cromwell que pour Charles 1er, rapporte que les milices du parlement √©taient toujours battues par les troupes du roi, dans le commencement de la guerre civile, comme le r√©giment des portes-coch√®res ne tenait pas du temps de la Fronde contre le grand Cond√©. Cromwell dit au g√©n√©ral Fairfax: Comment voulez-vous que des portefaix de Londres, et des gar√ßons de boutique indisciplin√©s, r√©sistent √† une noblesse anim√©e par le fant√īme de l'honneur ? Pr√©sentons-leur un plus grand fant√īme, le fanatisme. Nos ennemis ne combattent que pour le roi; persuadons √† nos gens qu'ils font la guerre pour Dieu.
    Donnez-moi une patente, je vais lever un régiment de frères meurtriers, et je vous réponds que j'en ferai des fanatiques invincibles.
    Il n'y manqua pas, il composa son régiment des frères rouges de fous mélancoliques; il en fit des tigres obéissants. Mahomet n'avait pas été mieux servi par ses soldats.
    Mais pour inspirer ce fanatisme, il faut que l'esprit du temps vous seconde. Un parlement de France essaierait en vain aujourd'hui de lever un régiment de portes-cochères; il n'ameuterait pas seulement dix femmes de la halle.
    Il n'appartient qu'aux habiles de faire des fanatiques et de les conduire; mais ce n'est pas assez d'être fourbe et hardi, nous avons déjà vu que tout dépend de venir au monde à propos.
SECTION V.
¬†¬†¬†¬†La g√©om√©trie ne rend donc pas toujours l'esprit juste. Dans quel pr√©cipice ne tombe-t-on pas encore avec ces lisi√®res de la raison ? Un fameux protestant a, que l'on comptait entre les premiers math√©maticiens de nos jours, et qui marchait sur les traces des Newton, des Leibnitz, des Bernouilli, s'avisa, au commencement de ce si√®cle, de tirer des corollaires assez singuliers. Il est dit qu'avec un grain de foi on transportera des montagnes; et lui, par une analyse toute g√©om√©trique, se dit √† lui-m√™me: J'ai beaucoup de grains de foi, donc je ferai plus que transporter des montagnes. Ce fut lui qu'on vit √† Londres, en l'ann√©e 1707, accompagn√© de quelques savants, et m√™me de savants qui avaient de l'esprit, annoncer publiquement qu'ils ressusciteraient un mort dans tel cimeti√®re que l'on voudrait. Leurs raisonnements √©taient toujours conduits par la synth√®se. Ils disaient: Les vrais disciples doivent faire des miracles; nous sommes les vrais disciples, nous ferons donc tout ce qu'il nous plaira. De simples saints de l'√Čglise romaine, qui n'√©taient point g√©om√®tres, ont ressuscit√© beaucoup d'honn√™tes gens; donc, √† plus forte raison, nous qui avons r√©form√© les r√©form√©s, nous ressusciterons qui nous voudrons.
¬†¬†¬†¬†Il n'y a rien √† r√©pliquer √† ces arguments; ils sont dans la meilleure forme du monde. Voil√† ce qui a inond√© l'antiquit√© de prodiges; voil√† pourquoi les temples d'Esculape √† √Čpidaure, et dans d'autres villes, √©taient pleins d'ex voto; les vo√Ľtes √©taient orn√©es de cuisses redress√©es, de bras remis, de petits enfants d'argent: tout √©tait miracle.
¬†¬†¬†¬†Enfin le fameux protestant g√©om√®tre dont je parle √©tait de si bonne foi, il assura si positivement qu'il ressusciterait les morts, et cette proposition plausible fit tant d'impression sur le peuple, que la reine Anne fut oblig√©e de lui donner un jour, une heure et un cimeti√®re √† son choix, pour faire son miracle loyalement et en pr√©sence de la justice. Le saint g√©om√®tre choisit l'√©glise cath√©drale de Saint-Paul pour faire sa d√©monstration: le peuple se rangea en haie; des soldats furent plac√©s pour contenir les vivants et les morts dans le respect; les magistrats prirent leurs places; le greffier √©crivit tout sur les registres publics; on ne peut trop constater les nouveaux miracles. On d√©terra un corps au choix du saint; il pria, il se jeta √† genoux, il fit de tr√®s pieuses contorsions; ses compagnons l'imit√®rent: le mort ne donna aucun signe de vie; on le reporta dans son trou, et on punit l√©g√®rement le ressusciteur et ses adh√©rents. J'ai vu depuis un de ces pauvres gens; il m'a avou√© qu'un d'eux √©tait en p√©ch√© v√©niel, et que le mort en p√Ętit, sans quoi la r√©surrection √©tait infaillible.
    S'il était permis de révéler la turpitude de gens à qui l'on doit le plus sincère respect, je dirais ici que Newton, le grand Newton, a trouvé dans l'Apocalypse que le pape est l'antechrist, et bien d'autres choses de cette nature; je dirais qu'il était arien très sérieusement. Je sais que cet écart de Newton est à celui de mon autre géomètre comme l'unité est à l'infini: il n'y a point de comparaison à faire. Mais quelle pauvre espèce que le genre humain, si le grand Newton a cru trouver dans l'Apocalypse l'histoire présente de l'Europe !
¬†¬†¬†¬†Il semble que la superstition soit une maladie √©pid√©mique dont les √Ęmes les plus fortes ne sont pas toujours exemptes. Il y a en Turquie des gens de tr√®s bon sens, qui se feraient empaler pour certains sentiments d'Abubeker. Ces principes une fois admis, ils raisonnent tr√®s cons√©quemment; les navariciens, les radaristes, les jabaristes, se damnent chez eux r√©ciproquement avec des arguments tr√®s subtils; ils tirent tous des cons√©quences plausibles, mais ils n'osent jamais examiner les principes.
¬†¬†¬†¬†Quelqu'un r√©pand dans le monde qu'il y a un g√©ant haut de soixante et dix pieds; bient√īt apr√®s tous les docteurs examinent de quelle couleur doivent √™tre ses cheveux, de quelle grandeur est son pouce, quelles dimensions ont ses ongles: on crie, on cabale, on se bat; ceux qui soutiennent que le petit doigt du g√©ant n'a que quinze lignes de diam√®tre font br√Ľler ceux qui affirment que le petit doigt a un pied d'√©paisseur. Mais, messieurs, votre g√©ant existe-t-il ? dit modestement un passant. Quel doute horrible ! s'√©crient tous ces disputants; quel blasph√®me ! quelle absurdit√© ! Alors ils font tous une petite tr√™ve pour lapider le passant; et apr√®s l'avoir assassin√© en c√©r√©monie, de la mani√®re la plus √©difiante, ils se battent entre eux comme de coutume au sujet du petit doigt et des ongles.

Dictionnaire philosophique de Voltaire. 2014.

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